Isabelle de Kleine est une jeune artiste australienne qui pratique la vidéo et la peinture. Elle réalise des portraits en faisant des collages vidéo qu’elle réinterprète ensuite en peinture. En 2015 elle a accumulé de multiples récompenses dont le Macquarie Digital Portrait Award de la National Portrait Gallery de Canberra.
“La façon dont je considère la vidéo aujourd’hui est que c’est un moyen de créer une image animée, un portrait animé. Si vous pensez à une image fixe cela ajoute une dimension supplémentaire sans pour autant suivre les différentes conventions du film sur le fait d’avoir un début, un milieu et une fin. Ça n’a pas cette structure narrative qu’un film a en général.”

P.M.


Isabelle de Kleine is a young Australian artist who practices video and painting. She realizes portraits by making video collages that she reinterprets then in painting. In 2015 she won numerous awards including the Macquarie Digital Portrait Award from the Canberra National Portrait Gallery.
“The way that I’m seeing video at the moment is a way to create a moving image, a moving portrait. If you think about like a still it adds an extra dimension to that but it doesn’t need all those different conventions that a film puts in. Whether it’s having a beginning, middle and end. It doesn’t have this complete narrative structure that a film usually has.”

P.M.


Nathalie Boutté termine cette entretien en parlant du temps dont elle a eu besoin pour se considérer comme une artiste. Son entourage joue un grand rôle dans sa progression ; son galeriste et d’autres artistes. Elle explique les doutes et le temps nécessaire pour bâtir une carrière et une oeuvre. Enfin, elle parle de son ultime défi, le rêve de chaque artiste selon elle.

“Je ne me suis jamais dit : “Je veux devenir artiste.””

“Des moments de doute oui. Y en a systématiquement, presque à chaque fin de série. Quand la thématique s’arrête, quand il faut que je change de thématique, là c’est monstrueux. Je n’arrive plus à rien.”

“Puis on finit par retrouver une photo qui traine sur internet, un bout de texte, une chanson à la radio… et hop! A nouveau on retrouve une autre série, une autre thématique.”

“Une carrière d’artiste c’est long à démarrer. Beaucoup d’artistes ont un deuxième boulot. Il n’y a que 5% des artistes qui vivent de leur travail.”

“J’ai du mal à voir à long terme. Le CV se remplit vraiment au fur et à mesure. Je ne sais pas combien je gagnerai l’année prochaine, quels expos je vais faire. C’est vraiment petit à petit.”

“J’aimerais faire un très très grand format. Prendre le temps de trouver une belle histoire, de trouver le papier, le texte et de faire une pièce à tomber par terre. Mais je pense que c’est le défis d’un peu tous les artistes. Je ne sais pas si j’arriverais à la faire un jour celle là.”


Nathalie Boutté ends up this interview talking about the time she needed to consider herself as an artists. Her entourage has been very important for her to move forward ; her gallery owner and other artists. She explains the doubts and the time required to build up a career and a work. Finally she talks about her ultimate challenge, the dream of every artist according to her.

“I never told to myself : “I want to become an artist.””

“I have doubts yes. And I always have some each time I finish a set of work. When the theme is over, when I have to find another subject, that’s when everything collapses. I feel capable of nothing.”

“But finally I end up to find a picture on the web, a piece of text, a song on the radio… And there I have it! You start over again with another set of work, another subject…”

“Making a career out of your art is a long path. A lot of artists have a second job. Only 5% of them live from their art.”

“I can’t imagine things on the long run. The curriculum fills out as we go along. I don’t know how much money I’ll earn next year, what exhibition I’ll do. It goes bit by bit.”

“I would like to do a huge piece. Take the time to find a nice story, to find the right paper, the right text and make a piece to die for. But I guess that’s every artist’s challenge. I don’t know if I’ll ever manage to do it…”


Dans cette deuxième partie Nathalie Boutté nous explique le pont entre son ancienne vie et l’actuelle. En tant que maquettiste elle a développé son goût et son talent pour les tâches techniques. Quand elle est devenue freelance, elle a découvert à quel point l’indépendance a libéré sa créativité. Dans cette nouvelle liberté elle s’est plongée dans son art, dont les premières pièces ont été inspirée par des artistes africains.

“Je suis rentrée dans le monde de l’édition effectivement par hasard. Mais ce que l’édition m’a amené c’est le côté technique. J’aime beaucoup la technique.”

“La technique m’a amenée dans mon travail de collage à être beaucoup plus précise et à savoir où je vais.”

“Je pense que c’est ça le déclic. C’est la rencontre de la liberté. Et la liberté, une fois que les portes sont ouvertes, ça part. Et donc du coup j’ai commencé à faire mon travail de collage.”

“Dans mon travail de collage, je cherchais l’assemblage du texte et du papier. J’ai assemblé ce que j’avais appris pendant 20 ans, de texte, de graissage de typographie, de recherche de quadri, de choses comme ça… J’ai essayé de le faire rentrer dans ce qui me donnait envie maintenant de continuer.”

“J’ai rencontré beaucoup d’artistes africains dont Malik Sidibé qui a vraiment inspiré mes premiers collages.”

“J’ai commencé par rencontrer les artistes peut-être avant de connaître un peu plus leur travail.”

“On se rend compte qu’en fait la contrainte des languettes et du collage, qui nous cadre quand même dans un milieu assez serré, en fait s’ouvre complètement. Et le champ de la création est assez impressionnant.”


In this second part Nathalie Boutté explains the bridge between her past life and the current one. Being a layout designer developed her love and her skills for technical tasks. When she turned freelance she discovered how independance released her creativity. In this new freedom she dived into her artwork, the first pieces of which were inspired by African artists.

“I worked in publishing by accident. But it brought me technical skills. I love technical things.”

“This technical knowledge allowed me to be more accurate in my collages and to know where to go.”

“That’s when I clicked. Finding freedom. And once you find freedom you dive into it. And that’s when I started to make collages.”

“In my collage work I wanted to blend text and paper. I tried to put together the knowledge I developed for 20 years about text, font size and research on four-color process printing… I just tried to repurpose it for something I was passionate about at that time.”

“I met a lot of African artists including Malik Sidibé who really inspired my first collages.”

“I began by meeting artists themselves before knowing their artwork.”

“We realise that the constraint of using paper strips for the collage, which sets boundaries, unlocks a lot of things. The scope of creation is impressive.”


Nathalie Boutté est une autodidacte qui s’est lancée dans l’art contemporain à quarante ans passés. Elle débute sa carrière en tant que maquettiste en agence de publicité puis dans l’édition où, à force de rencontres bienveillantes, elle se forme et prend goût pour la photogravure, la mise en page et la typographie. Ce sont ces mêmes rencontres qui feront l’éducation de son oeil et développeront son goût pour l’art.

“Je ne suis pas issue d’une famille qui était très portée sur l’art. On n’allait pas visiter les musées, on n’écoutait pas de musique à la maison.”

“J’étais pas forcément attirée par l’art dès le départ, c’est venu plus tardivement. N’ayant pas été emmenée petite dans ce milieu, c’était très lointain pour moi. C’était pas un milieu qui m’attirait.”

“J’étais fascinée par les grands peintres mais pas passionnée au point de prendre un billet de train pour aller à Paris pour voir une exposition.”

“J’aurais aimé faire une école d’art. Vers l’âge de 15 ou 16 ans, j’avais demandé à mes parents. Je voulais être photographe. Mais comme beaucoup d’adolescent, je changeais d’avis tous les trois mois. J’avais beaucoup d’envies qui changeaient très très régulièrement.”

“Le premier stage que j’ai fait dans une agence de publicité pour être maquettiste, on m’a demandé de dessiner un logo et je ne savais même pas ce que c’était. Je partais de très très loin.”

“J’avais une directrice formidable qui m’a fait faire tous les postes de la photogravure. En plus elle trouvait que pour voir une image et bien la retranscrire, il fallait apprendre à voir les images des autres. Donc elle nous avait offert à chacun un pass pour aller dans les musées nationaux.”

“Ce sont des gens comme ça qui ont fait mon éducation, pas l’école. Je suis autodidacte sur absolument tout.”


Nathalie Boutté is a self-taught artist who has embarked on contemporary art at the age of forty. She began her career as a graphic designer in an advertising agency and in publishing where, under watchful eyes, she is trained and gain interest for photogravure, layout and typography. It is these same encounters that will educate her eye and develop her taste for art.

“My family wasn’t really keen on arts. We wouldn’t go to museums or even listen to music at home.”

“I was not attracted to art from the beginning. It happened quite late. Not being pulled in this milieu when I was young, it was faraway from my interest. It was not attractive to me.”

“Masters fascinated me but I was not enthusiastic enough to take the train and go to Paris to see an exhibition.”

“I would have liked to make an art school. When I was 15 or 16 I asked my parents. I wanted to be a photographer. But like a lot of teenagers, I would change my mind every three months. I wanted to do a lot of things that were changing all the time.”

“The first internship I’ve done was in an advertising agency as a graphic designer. The first day they asked me to design a logo but I didn’t even know what it was. So I really started from scratch.”

“I had a great manager who made me do every positions in photogravure. She also believed that to have an accurate eye you needed to learn about other’s work. So she offered us tickets for national museums.”

“These kind of people built my knowledge. It was not school at all. I’m a self-taught on everything.”

Certains artistes aiment brouiller les pistes, refusent de se limiter à un seul support. Le suisse David Renggli s’y applique particulièrement. Dans sa dernière série Floorplan Desire Painting il joue d’illusions et là où de prime abord nous ne voyons qu’une seule surface, il s’agit en fait d’une superposition de plans. Peinture sur bois, sérigraphie et acrylique sur tissage de jute constituent les dimensions multiples de ses oeuvres. Elles gagnent ainsi en volume, prennent un nouvel aspect selon l’orientation de la lumière. On est confronté à un monde plat mais en relief, à des motifs architecturaux qui ne tiennent que sur une fine toile. Il efface les certitudes de chacun pour engager une conversation car “faire simplement des déclaration n’est pas satisfaisant.”

P.M.


Some artists like to cover their tracks, refusing to be confined to a single medium. The Swiss David Renggli takes a particular care doing so. In his latest series Floorplan Desire Painting  he plays with illusions and where at first we only see one surface, it’s actually layers of plans. Wood painting, silkscreen and acrylic on weaved jute are the multiple dimensions of his works. They thus gain in volume, take a new look depending on the orientation of the light. We then face a flat world but in relief, with architectural motifs that take weight on a fine canvas. He clears our certainties to start a conversation as “putting out only statements is not satisfying.”

P.M.