L’artiste plasticien thaïlandais Apichatpong Weerasethakul est davantage connu comme réalisateur. Considéré comme le plus brillant de sa génération dans son pays, il est reconnu internationalement après avoir remporté de multiples récompenses dont la Palme d’Or au Festival de Cannes en 2010. Nous découvrons dans cette première vidéo comment, né de parents médecins dans une petite ville du nord de la Thaïlande, il a pu trouver sa voie. Il nous explique pourquoi, voulant d’abord devenir vétérinaire, il a suivi des études d’architecture avant de devenir l’artiste et le cinéaste d’aujourd’hui.

“Je sais qu’ils auraient voulu que l’un de nous reprenne leur activité car ils avaient une clinique en ville. Mais ils ne m’ont jamais poussé à suivre cette voie. Même si la médecine a pu m’intéresser à une période. J’ai même voulu devenir vétérinaire. Et même dentiste…”
A propos de ses parents

“Les histoires de fantômes et la science-fiction. Ces genres ont l’air éloignés, mais pour moi font partie du même univers. Un univers magique et parfois intangible. J’adore cette notion qui n’est pas dans le présent mais dans les souvenirs ou dans le futur.”

“J’ai toujours pensé que le divertissement, que ce soit les films ou le théâtre, faisait partie de la théorie architecturale. J’ai donc fait mes études dans ce domaine et je me suis rendu compte que c’était un formidable processus d’apprentissage. Apprendre le cinéma à travers l’architecture, tout ce qui est lié au temps et à l’espace, est tout à fait pertinent.”

P.M.


The Thaï visual artist Apichatpong Weerasethakul is better known as a director. Considered the most brilliant of his generation in his country, he is internationally recognized after winning multiple awards including the Palme d’Or at the Cannes Film festival in 2010. We discover in this first video how, born to two doctors in a small city in northern Thailand, he was able to find his way. He explains why, wanting first to become a veterinarian, he studied architecture before becoming the artist and filmmaker we know today.

“I know they would have wanted one of us to take over their activity as they had a clinic in town. But they never pushed me to follow this path. Although medicine interested me in some point. I even wanted to become a veterinarian. And even dentist … “
About his parents

“Ghost stories and science fiction. These genres seem totally different, but for me they’re part of the same universe. A magical and sometimes intangible universe. I love this concept that is not present time but either in the memories or in the future. “

“I always thought that entertainment, whether it be movies or theater, was part of the architectural theory. So I did my studies in this field and I realized that it was a great learning process. Learn cinema through architecture, everything that is related to time and space, is very relevant. “

P.M.

Passionné d’histoire, d’archives et par l’underground urbain, l’artiste estonien Jaanus Samma multiplie les supports. Sélectionné pour représenter son pays à la 56ème Biennale de Venise, il a exposé photos, vidéos et documents inspiré par un directeur de kolkhoz soviétique déchu de son statut parce qu’il avait des pratiques homosexuelles. Formé à la gravure traditionnelle, il reprend dans sa série “Sweaters” des graffitis à connotations sexuelles qu’il a pu apercevoir à travers ses voyages en Europe pour les inscrire sur des pulls tricotés à la main. “J’ai voulu appliquer ces textes et images souvent offensants sur un support chaud et intime. Et finalement, lorsque le pull est porté, une chose qui était dessinée de façon anonyme devient soudain très individuelle.

P.M.


Having a passion for history, archives and the urban underground the Estonian artist Jaanus Samma multiplies the mediums he works with. Selected to represent his country at the 56th Venice Biennale, he exhibited photos, videos and documents about the life of a Soviet kolkhoz chairman stripped of his status because he had homosexual practices. Trained in printmaking, in his series “Sweaters”, he goes back over graffiti with gay and sexual connotation he saw through his travels in Europe and inscribes it on handknitted sweaters. “I wanted to apply those often offensive texts and images to a medium that is warm and intimate. And finally, when the sweaters are worn, something that was drawn anonymously now becomes very personal.

P.M.

Elles semblent attendre leurs propriétaires qui ne reviendront jamais. Ces vestes de fourrure vintage, tout droit sorties d’un épisode de Dynastie, d’un film de Fassbinder ou d’un numéro de Vogue des années 70, sont chacune cousues sur les chaises du designer moderniste Marcel Breuer et posées dans un espace blanc, vide. Pour cette installation « Infrastruktur » à la galerie Herald St à Londres, l’artiste allemande Nicole Wermers dit avoir été inspirée par ces manteaux que les gens laissent en plan dans les cafés ou les théâtres pour signifier que la place est prise. Par ces « fantômes » glamour, elle dénonce en vrac la solitude moderne, la violence de certains rituels sociaux, les dérives de la surconsommation ou même la séduction délétère du luxe. Le 7 décembre, on saura si Nicole Wermers, finaliste en liste pour le Turner Prize 2015, aura obtenu ou non ce prix prestigieux, mais le mystère qui entoure ces chaises à fourrures lui n’est pas prêt d’être levé.

D.V.


They seem to expect their owners that will never return. These vintage fur jackets, straight out of an episode of Dynasty, a Fassbinder film or a 70’s Vogue issue, are each sewn on the chairs of the modernist designer Marcel Breuer and placed in a white empty space. For this installation “Infrastruktur” on Herald St Gallery in London, the German artist Nicole Wermers said to have been inspired by these coats that people leave behind them in public spaces in order to notify that the place is taken. By these glamorous “ghosts”, she denounces the modern solitude, the violence of certain social rituals, the excesses of over-consumption or even the deleterious seduction of luxury. On December 7, we will know if Nicole Wermers, finalist for the Turner Prize in 2015, has obtained the prestigious award or not, but the mystery surrounding these furry chairs is not ready to be lifted.

D.V.