Inspiré dans son travail par Balthus, Chirico, Vermeer ou Delacroix, et souvent sexuellement explicite, le peintre turc Taner Ceylan détourne dans sa dernière toile le portrait de la Princesse de Broglie  peint par Jean Auguste Dominique Ingres. L’artiste met en application ce qu’Oscar Wilde déclarait – “Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait non du modèle, mais de l’artiste”- et remplace le visage de la Princesse par celui d’Ingres. La grande technique de Taner Ceylan et son attachement pour le détournement de la peinture classique n’en fait pas moins un artiste engagé et sans concession : “Mon art n’a pas à être subversif ou politique ou avoir des connotations politiques. Mais vous ne devez pas oublier que l’art est un acte politique. Si vous faites de l’art, vous êtes déjà en train d’agir, de créer et de penser selon vos désirs et votre libre arbitre et pas en train de céder aux demandes du système.”

P.M.


Inspired in his work by Balthus, Chirico, Vermeer or Delacroix, and often sexually explicit, the Turkish painter Taner Ceylan transforms in his last painting the Princess de Broglie portrait painted by Jean Auguste Dominique Ingres. The artist implements what Oscar Wilde said – “Every portrait that is painted with feeling is a portrait of the artist, not of the sitter” – and replaces the face of the Princess by Ingres’one. The great technical skills of Taner Ceylan and his attachment to spoof classical painting does not make him less a committed and uncompromising artist: “My art doesn’t have to be controversial to be political or have political undertones. However, you must remember that art is a political action. If you are making art, you are already acting, creating and thinking according to your desires and your free will and not conceding to the demands of the system. “

P.M.

Si vous avez toujours rêvé d’un monde où vivent des licornes qui pètent des arcs-en-ciel, Seonna Hong, elle, l’a certainement visité. Cette peintre et illustratrice américaine, protégée de Takashi Murakami, raconte : “J’ai beaucoup déménagé et je me faisais des amis à l’école primaire en leur dessinant Garfield et Hello Kitty”. Cette touche-à-tout a enseigné l’art aux tout petits, écrit un livre de dessins pour enfants et gagné un Emmy Award pour la production d’un dessin animé. Dans sa dernière série de peintures “If You Lived Here I’d Be Home By Now”, Seonna Hong distille pourtant une certaine mélancolie dans cet univers rose bonbon, dans ses paysages fantastiques qui ne sont pas sans rappeler ceux de Peter Doig.

P.M.


If you’ve always dreamed of a world inhabited by unicorns pooping rainbows, Seonna Hong has already visited it. This American painter and illustrator, spotted by Takashi Murakami, says: “I moved around a lot but I made friends by drawing Garfield, Hello Kitty and Strawberry Shortcake characters in grade school.” This gifted multi-tasker artist taught art to little children, wrote a children’s book and won an Emmy Award as cartoon’s producer. In her latest series of paintings “If You Lived Here I’d Be Home By Now”, Seonna Hong yet exudes a certain melancholy in this pink candy universe, in her fantastic landscapes that are somehow reminiscent of Peter Doig’s.

P.M.

Dans ses peintures à l’huile sur bois comme avec ses installations grandeur nature, l’Américain Brett Amory parle de la solitude, de l’attente. Sous forme de « time capsules », il fixe des moments du quotidien de ces quartiers, notamment à New York, où subsiste encore une âme malgré de multiples ravalements et réhabilitations à des fins commerciales. Son travail documente cette vie urbaine avec un souci esthétique et une palette incroyable de couleurs comme le photographe et peintre Saul Leiter l’avait fait avec le New-York d’après guerre.

P.M.


In his oil paintings on wood as with his life-size installations, the American Brett Amory speaks about the loneliness, about the waiting. In the form of “time capsules”, he fixes moments of these districts’ everyday life, in particular in New York, where remains a neighbourhood soul in spite of real estate dealers. His work documents this urban life with an aesthetic concern concern and an incredible pallet of colors, the same that the photographer and the painter Saül Leiter uses to depict New York in the aftermath of the World War II.

 

P.M.

Images : Jonathan LeVine Gallery

Les femmes fatales peintes par le Canadien Troy Brooks sortent tout droit d’un film noir au scénario énigmatique. Anamorphosées avec des visages très allongés, elles inquiètent par cette quasi-monstruosité et leur regard dérangé à la manière des modèles de John Currin ou de l’expressionniste allemand Otto Dix. Troy Brooks revendique le côté kitsch et frontal de son travail et son appartenance au Surréalisme Pop :

« Si vous aimez les allégories, le Surréalisme Pop est un peu comme le jeune bâtard flashy, illégitime et lourdement tatoué conçu pendant une grande et folle orgie de mouvements artistiques, qui débarquerait bourré à une garden party de country club. On ne parle pas ici d’un bateau pastel, flottant près d’un quai beige, ni d’un crucifix en plastique immergé dans un verre de pipi. Ceci est une nouvelle souche d’un art à la technique précise, à la fois moderne et classique, dans le sens où elle est créée par une nouvelle espèce d’artistes inspirés par un très large champ d’influences sur plusieurs siècles. Ils ont développé une sorte d’hyper-sophistication visuelle après avoir été exposés toutes leurs vies à une infinité de styles par les médias et la pop culture. »

P.M.


The « Femmes Fatales » painted by the Canadian Troy Brooks come straight out of a film noir with an enigmatic scenario. Slightly distorted with their very long faces, they almost worried by their slight monstrosity and their disturbed look like the models of John Currin or German expressionist Otto Dix. Unapologetic, Troy Brooks asserts the kitsch and the boldness of his work and his membership of the Pop Surrealism :

« If you like allegories, Pop Surrealism is sort of like the young, flashy, heavily tattooed illegitimate bastard from a big crazy art movement orgy that crashes the country club garden party, drunk. It’s not a pastel boat floating by a beige dock, and it’s not a plastic crucifix submerged in a glass of pee. This is a new strain of technique-heavy art that is simultaneously modern and classic, in the sense that it’s made by a new breed of artists taking from a very broad scope of centuries worth of influences.This new breed has developed a kind of hyper-visual sophistication from being exposed to endless styles of media and pop culture their entire lives. »

P.M.