Les médias de masse et la pop culture influencent et inspirent les artistes depuis des décennies. L’artiste berlinois Johannes Kahrs peint sur ses toiles des photos ou des arrêts sur images de personnes exsangues, à la peau et aux traits fatigués. On y voit de l’ennui, de la tristesse, du vide ou de l’absence aussi bien dans les yeux des sujets que dans les environnements qu’il peut reproduire. Nous renvoie-t-il à la solitude représentée ou à la nôtre lorsque l’on regarde un écran ? Le peintre lui-même semble plus attaché aux pixels plus qu’à la chair : “Je n’ai pas de modèles dans mon studio, j’ai essayé plusieurs fois mais ça n’a pas fonctionné – je trouve leur présence perturbante.

P.M.


Mass media and pop culture have influenced and inspired artists for decades. The Berliner artist Johannes Kahrs paints bloodless people, tired skins and features from photos or stills. It shows boredom, sadness, emptiness or absence both in the eyes of the subjects or in environments he reproduces. Does he turn us to the loneliness represented or to our own when we are looking at a screen? The painter himself seems more attached to pixels than flesh : “I don’t have models in my studio, I tried it a couple of times but it didn’t work – I found their presence unsetting.

P.M.

Elles semblent attendre leurs propriétaires qui ne reviendront jamais. Ces vestes de fourrure vintage, tout droit sorties d’un épisode de Dynastie, d’un film de Fassbinder ou d’un numéro de Vogue des années 70, sont chacune cousues sur les chaises du designer moderniste Marcel Breuer et posées dans un espace blanc, vide. Pour cette installation « Infrastruktur » à la galerie Herald St à Londres, l’artiste allemande Nicole Wermers dit avoir été inspirée par ces manteaux que les gens laissent en plan dans les cafés ou les théâtres pour signifier que la place est prise. Par ces « fantômes » glamour, elle dénonce en vrac la solitude moderne, la violence de certains rituels sociaux, les dérives de la surconsommation ou même la séduction délétère du luxe. Le 7 décembre, on saura si Nicole Wermers, finaliste en liste pour le Turner Prize 2015, aura obtenu ou non ce prix prestigieux, mais le mystère qui entoure ces chaises à fourrures lui n’est pas prêt d’être levé.

D.V.


They seem to expect their owners that will never return. These vintage fur jackets, straight out of an episode of Dynasty, a Fassbinder film or a 70’s Vogue issue, are each sewn on the chairs of the modernist designer Marcel Breuer and placed in a white empty space. For this installation “Infrastruktur” on Herald St Gallery in London, the German artist Nicole Wermers said to have been inspired by these coats that people leave behind them in public spaces in order to notify that the place is taken. By these glamorous “ghosts”, she denounces the modern solitude, the violence of certain social rituals, the excesses of over-consumption or even the deleterious seduction of luxury. On December 7, we will know if Nicole Wermers, finalist for the Turner Prize in 2015, has obtained the prestigious award or not, but the mystery surrounding these furry chairs is not ready to be lifted.

D.V.