Daniel Arsham a réussi à trouver sa voie dans l’art en sortant de sa zone de confort ou en se confrontant à des exercices inhabituels. Que ce soit par la découverte de films de Salvador Dalí ou ses premiers projet photographiques, sa réflexion sur la conception d’une oeuvre plutôt que sur l’oeuvre en elle même, lui a permis de trouver sa voie. Son travail reste néanmoins très technique et demande un temps de production important. La résolution de contraintes techniques importantes et sa volonté d’inscrire son oeuvre dans des expériences narratives le conduisent à réaliser des installations à grande échelle.
C’est avec recul qu’il conseille ainsi aux jeunes artistes de faire confiance à leur intuition et de ne pas forcément chercher d’éléments rationnels dans la construction de leur oeuvre.


Daniel Arsham has managed to find his way in art by leaving his comfort zone and by facing unusual exercises. Whether by discovering Salvador Dalí’s films or his first photographic projects, his thoughts on the conception of a work rather than on the work itself, allowed him to find his way. His work remains very technical and requires significant production time. The resolution of important technical constraints and his desire to put his work into narrative experiences led him to realize large-scale installations.
It is with hindsight that he advocates for young artists to trust their intuition and not necessarily look for rational elements in the construction of their work.

Daniel Arsham est un artiste américain connu pour ses sculptures faites de cristaux et ses manipulations d’éléments architecturaux. Né à Cleveland, c’est à Miami qu’il passe la majorité de son enfance. Repéré très tôt comme un dessinateur talentueux, il entre alors en école spécialisée et pratique beaucoup la photographie. Cette époque sera marquée par l’ouragan Andrew qui occasionnera de nombreuses destructions dans la région, et notamment celle de sa maison. Ces événements le conduiront à s’intéresser à l’architecture qui occupe encore aujourd’hui une grande place dans son travail.


Daniel Arsham is an American artist known for his sculptures made of crystals and manipulations of architectural elements. Born in Cleveland, he spent most of his childhood in Miami. Spotted very early as a talented draftsman, he then enters a specialized school and practices a lot of photography. This time will be marked by the hurricane Andrew which will cause many destructions in the region, and in particular his family’s house. These events will lead him to gain interest for architecture that still occupies a large place in his work today.


Daniel Arsham présente “The Angle of Repose” qui se tient à la Galerie Perrotin jusqu’au 23 décembre 2017.
L’artiste y revisite la permanence tout en continuant à développer son intérêt pour les cultures asiatiques, les cycles planétaires et sa propre mortalité – un sujet inhérent à sa pratique artistique.
Sur le thème de l’archéologie globale du futur, ces œuvres tracent une ligne fine entre le passé et le futur. Les objets pourraient être des découvertes du futur lointain, des artefacts de notre civilisation actuelle que l’artiste a sculptés et érodés.
“The Angle of Repose” (l’angle de repos) est aussi, par définition, l’angle auquel un matériau se pliera naturellement jusqu’à adopter une forme conique. Il s’agit d’équilibrer les particules, ou la physique, combinées avec le jeu du hasard et une certaine volonté de laisser aller…


Daniel Arsham presents “The Angle of Repose” shown at Perrotin Gallery until December 23rd 2017.
In this exhibition, the artist revisits permanency while continuing to expand on his interest in Asian cultures, planetary cycles, and his own mortality —a subject inherent to his artistic practice.
Encasing the theme of a global archeology of the future and poetic ruins, these works tread a fine line between past and future. The objects could be discoveries from the distant future, artifacts from our current civilization that the artist has carved out and eroded.
“The Angle of Repose” is also, by definition, the angle at which a material will naturally bend until adopting a conical shape. It is a question of balancing particles, or physics, combined with the game of chance and a certain willingness to let go…


Nathalie Boutté termine cette entretien en parlant du temps dont elle a eu besoin pour se considérer comme une artiste. Son entourage joue un grand rôle dans sa progression ; son galeriste et d’autres artistes. Elle explique les doutes et le temps nécessaire pour bâtir une carrière et une oeuvre. Enfin, elle parle de son ultime défi, le rêve de chaque artiste selon elle.

“Je ne me suis jamais dit : “Je veux devenir artiste.””

“Des moments de doute oui. Y en a systématiquement, presque à chaque fin de série. Quand la thématique s’arrête, quand il faut que je change de thématique, là c’est monstrueux. Je n’arrive plus à rien.”

“Puis on finit par retrouver une photo qui traine sur internet, un bout de texte, une chanson à la radio… et hop! A nouveau on retrouve une autre série, une autre thématique.”

“Une carrière d’artiste c’est long à démarrer. Beaucoup d’artistes ont un deuxième boulot. Il n’y a que 5% des artistes qui vivent de leur travail.”

“J’ai du mal à voir à long terme. Le CV se remplit vraiment au fur et à mesure. Je ne sais pas combien je gagnerai l’année prochaine, quels expos je vais faire. C’est vraiment petit à petit.”

“J’aimerais faire un très très grand format. Prendre le temps de trouver une belle histoire, de trouver le papier, le texte et de faire une pièce à tomber par terre. Mais je pense que c’est le défis d’un peu tous les artistes. Je ne sais pas si j’arriverais à la faire un jour celle là.”


Nathalie Boutté ends up this interview talking about the time she needed to consider herself as an artists. Her entourage has been very important for her to move forward ; her gallery owner and other artists. She explains the doubts and the time required to build up a career and a work. Finally she talks about her ultimate challenge, the dream of every artist according to her.

“I never told to myself : “I want to become an artist.””

“I have doubts yes. And I always have some each time I finish a set of work. When the theme is over, when I have to find another subject, that’s when everything collapses. I feel capable of nothing.”

“But finally I end up to find a picture on the web, a piece of text, a song on the radio… And there I have it! You start over again with another set of work, another subject…”

“Making a career out of your art is a long path. A lot of artists have a second job. Only 5% of them live from their art.”

“I can’t imagine things on the long run. The curriculum fills out as we go along. I don’t know how much money I’ll earn next year, what exhibition I’ll do. It goes bit by bit.”

“I would like to do a huge piece. Take the time to find a nice story, to find the right paper, the right text and make a piece to die for. But I guess that’s every artist’s challenge. I don’t know if I’ll ever manage to do it…”


Dans cette deuxième partie Nathalie Boutté nous explique le pont entre son ancienne vie et l’actuelle. En tant que maquettiste elle a développé son goût et son talent pour les tâches techniques. Quand elle est devenue freelance, elle a découvert à quel point l’indépendance a libéré sa créativité. Dans cette nouvelle liberté elle s’est plongée dans son art, dont les premières pièces ont été inspirée par des artistes africains.

“Je suis rentrée dans le monde de l’édition effectivement par hasard. Mais ce que l’édition m’a amené c’est le côté technique. J’aime beaucoup la technique.”

“La technique m’a amenée dans mon travail de collage à être beaucoup plus précise et à savoir où je vais.”

“Je pense que c’est ça le déclic. C’est la rencontre de la liberté. Et la liberté, une fois que les portes sont ouvertes, ça part. Et donc du coup j’ai commencé à faire mon travail de collage.”

“Dans mon travail de collage, je cherchais l’assemblage du texte et du papier. J’ai assemblé ce que j’avais appris pendant 20 ans, de texte, de graissage de typographie, de recherche de quadri, de choses comme ça… J’ai essayé de le faire rentrer dans ce qui me donnait envie maintenant de continuer.”

“J’ai rencontré beaucoup d’artistes africains dont Malik Sidibé qui a vraiment inspiré mes premiers collages.”

“J’ai commencé par rencontrer les artistes peut-être avant de connaître un peu plus leur travail.”

“On se rend compte qu’en fait la contrainte des languettes et du collage, qui nous cadre quand même dans un milieu assez serré, en fait s’ouvre complètement. Et le champ de la création est assez impressionnant.”


In this second part Nathalie Boutté explains the bridge between her past life and the current one. Being a layout designer developed her love and her skills for technical tasks. When she turned freelance she discovered how independance released her creativity. In this new freedom she dived into her artwork, the first pieces of which were inspired by African artists.

“I worked in publishing by accident. But it brought me technical skills. I love technical things.”

“This technical knowledge allowed me to be more accurate in my collages and to know where to go.”

“That’s when I clicked. Finding freedom. And once you find freedom you dive into it. And that’s when I started to make collages.”

“In my collage work I wanted to blend text and paper. I tried to put together the knowledge I developed for 20 years about text, font size and research on four-color process printing… I just tried to repurpose it for something I was passionate about at that time.”

“I met a lot of African artists including Malik Sidibé who really inspired my first collages.”

“I began by meeting artists themselves before knowing their artwork.”

“We realise that the constraint of using paper strips for the collage, which sets boundaries, unlocks a lot of things. The scope of creation is impressive.”