Todd Hido est un des photographes américains les plus respectés de sa génération. Après la publication d’un livre retraçant ses 25 ans de carrière, il revient sur son parcours et explique comment tout a commencé. Né dans l’Ohio, adolescent turbulent, il trouve un premier échappatoire dans la compétition de BMX dont il devient champion d’Etat plusieurs fois de suite. Il explique ce que ce sport lui apporte aujourd’hui dans son travail et enfin comment, faisant l’école buissonnière, il en est venu à la photographie.

“Je faisais des courses de BMX. Et comme n’importe qui faisant quelque chose d’éphémère comme une figure, on a besoin de le capturer sinon on n’a pas de preuve. Donc tous nos amis et moi nous avions des appareils photo. Et donc on se photographiait en plein saut ou en train de faire des figures.”

”Le BMX m’a été très bénéfique. Je suis devenu le champion d’Etat quatre fois de suite. Cette période a été extrêmement importante dans ma jeunesse. Soudain j’avais accompli quelque chose et je n’étais plus ce geek que personne ne choisissait dans l’équipe de baseball.”

“J’ai atteint un certain succès dans mon travail mais jamais je ne me relâche. Je ne lève le pied en aucune façon. Je creuse toujours pour aller plus loin. Et je travaille toujours aussi du que lorsque j’étais un étudiant de 20 ans.”

“Je me suis inscrit en classe de photo car c’était le dernier cours de la journée. Et tout le monde savait que si on entrait en cours suffisamment tôt en signant la feuille de présence, on pouvait aller en chambre noire avant que la lumière soit éteinte et s’échapper par la sortie de secours. Mais j’ai fini par aimer ce que je faisais et j’ai arrêter de sécher. C’est là que tout a commencé pour moi”


Todd Hido is one of the most respected American photographers of his generation. After the publication of his mid career book, he looks back to his youth and explains how it all began. Born in Ohio, a misbehaving teenager, he found a first escape in the BMX competition winning the State championship several times in a row. He explains how this sport taught him rules that he still applies today in his work and finally how, playing hooky, he came to photography.

“I used to race BMX. And like anybody that is doing something that’s temporal like a trick, you need to record it or it doesn’t exist. So all of my friends and I, we had cameras and we would photograph each other, jumping and doing our tricks.”

“The BMX was something really good for me. I became the State champion four times in a raw. So it was a huge part of my life growing up. I had all the sudden accomplish something instead of being this geek and this kid that nobody would pick on the baseball team.”

“I’ve reached a certain level of success with my work but I don’t relax at all and I’m not kicking back in any way. I’m sort of like plowing forward more I would say. And I work just as hard as when I was a 20 years old student.”

“I took the photography class because it was the last class of the day. It was commonly known that if you went in, got in there early and signed in, you could go into the dark room before they shut the lights off and open the backdoor, the fire exit, and leave. But eventually I liked what I was doing and started to stay. That’s where things began for me.”


Nathalie Boutté termine cette entretien en parlant du temps dont elle a eu besoin pour se considérer comme une artiste. Son entourage joue un grand rôle dans sa progression ; son galeriste et d’autres artistes. Elle explique les doutes et le temps nécessaire pour bâtir une carrière et une oeuvre. Enfin, elle parle de son ultime défi, le rêve de chaque artiste selon elle.

“Je ne me suis jamais dit : “Je veux devenir artiste.””

“Des moments de doute oui. Y en a systématiquement, presque à chaque fin de série. Quand la thématique s’arrête, quand il faut que je change de thématique, là c’est monstrueux. Je n’arrive plus à rien.”

“Puis on finit par retrouver une photo qui traine sur internet, un bout de texte, une chanson à la radio… et hop! A nouveau on retrouve une autre série, une autre thématique.”

“Une carrière d’artiste c’est long à démarrer. Beaucoup d’artistes ont un deuxième boulot. Il n’y a que 5% des artistes qui vivent de leur travail.”

“J’ai du mal à voir à long terme. Le CV se remplit vraiment au fur et à mesure. Je ne sais pas combien je gagnerai l’année prochaine, quels expos je vais faire. C’est vraiment petit à petit.”

“J’aimerais faire un très très grand format. Prendre le temps de trouver une belle histoire, de trouver le papier, le texte et de faire une pièce à tomber par terre. Mais je pense que c’est le défis d’un peu tous les artistes. Je ne sais pas si j’arriverais à la faire un jour celle là.”


Nathalie Boutté ends up this interview talking about the time she needed to consider herself as an artists. Her entourage has been very important for her to move forward ; her gallery owner and other artists. She explains the doubts and the time required to build up a career and a work. Finally she talks about her ultimate challenge, the dream of every artist according to her.

“I never told to myself : “I want to become an artist.””

“I have doubts yes. And I always have some each time I finish a set of work. When the theme is over, when I have to find another subject, that’s when everything collapses. I feel capable of nothing.”

“But finally I end up to find a picture on the web, a piece of text, a song on the radio… And there I have it! You start over again with another set of work, another subject…”

“Making a career out of your art is a long path. A lot of artists have a second job. Only 5% of them live from their art.”

“I can’t imagine things on the long run. The curriculum fills out as we go along. I don’t know how much money I’ll earn next year, what exhibition I’ll do. It goes bit by bit.”

“I would like to do a huge piece. Take the time to find a nice story, to find the right paper, the right text and make a piece to die for. But I guess that’s every artist’s challenge. I don’t know if I’ll ever manage to do it…”


Dans cette deuxième partie Nathalie Boutté nous explique le pont entre son ancienne vie et l’actuelle. En tant que maquettiste elle a développé son goût et son talent pour les tâches techniques. Quand elle est devenue freelance, elle a découvert à quel point l’indépendance a libéré sa créativité. Dans cette nouvelle liberté elle s’est plongée dans son art, dont les premières pièces ont été inspirée par des artistes africains.

“Je suis rentrée dans le monde de l’édition effectivement par hasard. Mais ce que l’édition m’a amené c’est le côté technique. J’aime beaucoup la technique.”

“La technique m’a amenée dans mon travail de collage à être beaucoup plus précise et à savoir où je vais.”

“Je pense que c’est ça le déclic. C’est la rencontre de la liberté. Et la liberté, une fois que les portes sont ouvertes, ça part. Et donc du coup j’ai commencé à faire mon travail de collage.”

“Dans mon travail de collage, je cherchais l’assemblage du texte et du papier. J’ai assemblé ce que j’avais appris pendant 20 ans, de texte, de graissage de typographie, de recherche de quadri, de choses comme ça… J’ai essayé de le faire rentrer dans ce qui me donnait envie maintenant de continuer.”

“J’ai rencontré beaucoup d’artistes africains dont Malik Sidibé qui a vraiment inspiré mes premiers collages.”

“J’ai commencé par rencontrer les artistes peut-être avant de connaître un peu plus leur travail.”

“On se rend compte qu’en fait la contrainte des languettes et du collage, qui nous cadre quand même dans un milieu assez serré, en fait s’ouvre complètement. Et le champ de la création est assez impressionnant.”


In this second part Nathalie Boutté explains the bridge between her past life and the current one. Being a layout designer developed her love and her skills for technical tasks. When she turned freelance she discovered how independance released her creativity. In this new freedom she dived into her artwork, the first pieces of which were inspired by African artists.

“I worked in publishing by accident. But it brought me technical skills. I love technical things.”

“This technical knowledge allowed me to be more accurate in my collages and to know where to go.”

“That’s when I clicked. Finding freedom. And once you find freedom you dive into it. And that’s when I started to make collages.”

“In my collage work I wanted to blend text and paper. I tried to put together the knowledge I developed for 20 years about text, font size and research on four-color process printing… I just tried to repurpose it for something I was passionate about at that time.”

“I met a lot of African artists including Malik Sidibé who really inspired my first collages.”

“I began by meeting artists themselves before knowing their artwork.”

“We realise that the constraint of using paper strips for the collage, which sets boundaries, unlocks a lot of things. The scope of creation is impressive.”


Nathalie Boutté est une autodidacte qui s’est lancée dans l’art contemporain à quarante ans passés. Elle débute sa carrière en tant que maquettiste en agence de publicité puis dans l’édition où, à force de rencontres bienveillantes, elle se forme et prend goût pour la photogravure, la mise en page et la typographie. Ce sont ces mêmes rencontres qui feront l’éducation de son oeil et développeront son goût pour l’art.

“Je ne suis pas issue d’une famille qui était très portée sur l’art. On n’allait pas visiter les musées, on n’écoutait pas de musique à la maison.”

“J’étais pas forcément attirée par l’art dès le départ, c’est venu plus tardivement. N’ayant pas été emmenée petite dans ce milieu, c’était très lointain pour moi. C’était pas un milieu qui m’attirait.”

“J’étais fascinée par les grands peintres mais pas passionnée au point de prendre un billet de train pour aller à Paris pour voir une exposition.”

“J’aurais aimé faire une école d’art. Vers l’âge de 15 ou 16 ans, j’avais demandé à mes parents. Je voulais être photographe. Mais comme beaucoup d’adolescent, je changeais d’avis tous les trois mois. J’avais beaucoup d’envies qui changeaient très très régulièrement.”

“Le premier stage que j’ai fait dans une agence de publicité pour être maquettiste, on m’a demandé de dessiner un logo et je ne savais même pas ce que c’était. Je partais de très très loin.”

“J’avais une directrice formidable qui m’a fait faire tous les postes de la photogravure. En plus elle trouvait que pour voir une image et bien la retranscrire, il fallait apprendre à voir les images des autres. Donc elle nous avait offert à chacun un pass pour aller dans les musées nationaux.”

“Ce sont des gens comme ça qui ont fait mon éducation, pas l’école. Je suis autodidacte sur absolument tout.”


Nathalie Boutté is a self-taught artist who has embarked on contemporary art at the age of forty. She began her career as a graphic designer in an advertising agency and in publishing where, under watchful eyes, she is trained and gain interest for photogravure, layout and typography. It is these same encounters that will educate her eye and develop her taste for art.

“My family wasn’t really keen on arts. We wouldn’t go to museums or even listen to music at home.”

“I was not attracted to art from the beginning. It happened quite late. Not being pulled in this milieu when I was young, it was faraway from my interest. It was not attractive to me.”

“Masters fascinated me but I was not enthusiastic enough to take the train and go to Paris to see an exhibition.”

“I would have liked to make an art school. When I was 15 or 16 I asked my parents. I wanted to be a photographer. But like a lot of teenagers, I would change my mind every three months. I wanted to do a lot of things that were changing all the time.”

“The first internship I’ve done was in an advertising agency as a graphic designer. The first day they asked me to design a logo but I didn’t even know what it was. So I really started from scratch.”

“I had a great manager who made me do every positions in photogravure. She also believed that to have an accurate eye you needed to learn about other’s work. So she offered us tickets for national museums.”

“These kind of people built my knowledge. It was not school at all. I’m a self-taught on everything.”

Claire Morgan décrit dans cette dernière partie son processus dans la réalisation de ses dessins qui sont pour elle un moyen d’expression alternatif. Elle explique ses doutes, sa détermination et les difficultés qu’elle peut croiser dans l’exercice de son travail. L’artiste termine sur la genèse et l’évolution de ses idées et de ses envies qui constituent à la fois de nouveaux défis et de nouveaux horizons.

Le dessin “était pour moi une façon pratique d’expliquer des idées ou de créer une atmosphère. Ça expliquait mieux que des mots ce qu’une idée pouvait donner avant de la réaliser.”

“Parfois avec une sculpture, en particulier quand elle est suspendue, le niveau de précision que je peux atteindre ou la forme n’est pas forcément équivalente à ce qu’on peut faire avec un dessin. C’est donc une approche différente d’une même idée.”

“J’ai fait un échange universitaire de 3 mois en Hollande. Alors qu’à Newcastle quoi que vous fassiez, c’était nul. Aux Pays bas tout était fantastique. J’ai réalisé que tout ça était très subjectif, que ça ne traduit pas forcément la réalité. Ça m’a permis de me dire que je devais faire simplement ce que je voulais.”

“Je crois que j’ai toujours été déterminée. Je voulais faire ça. Donc lorsque j’ai été diplômée, je n’ai pas attendu qu’on me propose une exposition. J’ai décidé d’organiser ma propre exposition.”

“J’ai commencé à faire des peintures. C’est à la fois passionnant et effrayant à faire. Car ce n’est pas quelque chose que je connais autant que la sculpture.”

“Aujourd’hui je maîtrise mon travail en sculpture, c’est donc devenu pour moi confortable ; peut-être trop facile. Mais ça m’ouvre aussi des portes car je peux faire des choses plus complexes etc…”

“Mes derniers dessins et peintures sont totalement en dehors de ma zone de confort. C’est pour cette raison que c’est passionnant.”


Claire Morgan describes in this last part her process in the realization of her drawings which are for her an alternative means of expression. She explains her doubts, her determination and the difficulties she can encounter in the performance of her work. The artist ends with the genesis and the evolution of her ideas and desires which constitute new challenges and new horizons.

Drawing “was a way of practicality of just explaining ideas that I had or tried to create an atmosphere. Or explain more than words could what what an idea might be before it’s actually made.”

“Sometimes with a sculpture, especially a suspended thing, the level of precision that I could achieve or the form isn’t necessarily the same as what you could do with a drawing. So it’s sort of like a different avenue of the same idea.”

“I did an exchange in Holland for 3 month. And whereas in Newcastle no matter what you made, basically they said it was shit. And in Holland no matter what you made, they said it was amazing. So I realised actually that this is just somebody’s opinion, it doesn’t necessarily reflect reality. It enabled me to see that I should just do what I think.”

“I think I’ve just always been determined. This is what I’m gonna do. S whenever I graduated from uni, I didn’t even wait for someone to offer me an exhibition. I just decided I’m going to organize my own exhibition.”

“I started working on some paintings. I find it very scary but very exciting to do that. Just because I don’t know it like with my sculpture work.”

“As far as the things that I’m making now, actually I know the process of it inside out so there is an aspect of it where it’s kind of easy, but maybe too easy. But then also that opens up different doors because I can make things that are more complex and so on…”

“The drawings and the paintings that I’ve been making recently are definitely outside my comfort zone. Their quite exciting because of that actually.”