Dans cette deuxième partie Claire Morgan explique sa philosophie et comment, peu à peu, elle a construit son style unique. La sculpture n’était pas son intérêt premier mais c’est sa créativité qui l’y a poussée. Elle décrit l’importance qu’elle donne à la nature, à la mort et à l’emprise du temps. Enfin on découvre comment elle en est venue à la taxidermie et à l’usage du plastique dans ses sculptures.

“Quand j’ai pensé à mon entrée à l’université, j’ai songé à faire une école de mode.”

“J’utilisais toujours des matières organiques quand j’étais à l’université.”

“Ça m’apparaissait comme logique que les animaux, une fois morts, deviennent un matériau organique.”

“Je crois que je posais des difficultés [à l’université]. Je suis très féministe, très politique et assez agressive à cet égard. Et quand j’ai commencé à faire des sculptures suspendues c’était pour que ça fasse peur et que ce soit désagréable pour le spectateur.”

“La taxidermie a été la suite logique de ma démarche.”

“Pendant que je cherchais ces animaux ou n’importe quelle matière organique intéressante, je n’arrêtais pas de trouver des déchets plastiques qui venaient des fermes.”

“Ce que produit la nature est bien plus beau que n’importe quelle chose que l’homme peut créer.”


In this second part Claire Morgan explains her philosophy and how, little by little, she has built her unique style. The sculpture was not her primary interest but her creativity drove her to that . She describes the importance she gives to nature, death and the effect of time. Finally we discover how she came to taxidermy and the use of plastic in her sculptures.

“Whenever I started Uni… I had this idea at school about possibly fashion design.”

“I was always using organic materials when I was at university.”

“It just seems like a logical thing to me that animals, once they’re dead, it’s an organic material.”

“I think I was quite difficult [at university]. I’m very feminist, I’m very political and really quite aggressive actually. And when I started to make suspended things it’s because I wanted to make some things that were scary and unpleasant for the viewer.”

“Taxidermy came out as a natural progression.”

“While I was looking for these animals or looking for any kind of interesting organic stuff I just kept finding plastic from farming waste.”

“Things that occur naturally are just much more beautiful that anything that we can create anyway.”

Claire Morgan est une étoile montante de l’art contemporain. Originaire de Belfast, elle quitte sa ville natale encore affectée par le conflit nord-irlandais et fait ses études à Newcastle. Naturellement attirée par l’art et la fabrication d’objets, elle a son premier choc artistique en découvrant “Le Rêve” du douanier Rousseau qu’elle reproduit en dessin. Elle n’a par la suite jamais considéré une autre voie que l’art.

“Mon père dessinait des fractales. C’est la seule chose artistique que je retiens de mes parents.”

“J’ai toujours voulu devenir artiste. C’est vraiment ce que je voulais être depuis petite. Je dessinais tout le temps et fabriquais des choses.”

“Quand j’étais adolescente ou quand j’étais à l’université aussi, je travaillais sur mes projets artistiques tout le temps. Je restais seule dans la classe pendant le déjeuner pour dessiner…”

“Je devais avoir 12 ou 13 ans. A l’école on nous a demandé de choisir l’image d’une oeuvre dans un livre et d’en copier un détail. Je n’arrivais pas à en choisir une et mon professeur m’a dit “pourquoi pas celui-là?” et c’était un Rousseau (“Le Rêve”). Donc je suis rentré chez moi et j’ai dessiné l’oeuvre entière en oubliant qu’on ne devait prendre qu’un détail.”

“En visitant récemment un musée à Bâle, j’ai vu un autre Rousseau très proche de celui de mon enfance. En fait ça a eu un impact sur moi. Une des peinture sur laquelle je travaille s’appelle “Forêt Vierge au Soleil Couchant” comme une de ses peintures.”

“On avait le sentiment que si vous vouliez devenir un artiste en Irlande du nord, votre art allait traiter de la situation du pays. C’est le cas de nombreux artistes là-bas. Et c’est un sujet que je n’ai jamais voulu aborder.”


Claire Morgan is a contemporary art rising star. A native of Belfast, she left her hometown still affected by the conflict in Northern Ireland and studied in Newcastle. Naturally attracted to art and making objects, she had her first artistic shock discovering Rousseau’s “The Dream” that she reproduced in a drawing. She has subsequently never considered another way than art.

“My father used to make fractal drawings. That’s the only artistic thing I can think of from my parents”.

“I always wanted to be an artist. That was the thing I always wanted to be when I was a little kid. I was always drawing and making things.”

“When I was a teenager or when I was in university as well, I was working on art things the whole time. Like at lunch time staying in the class in school by myself to draw…”

“I probably would have been 12 or 13. In school we were asked to choose an image of an artwork from a book and copy a detail of it. I couldn’t choose one and my teacher said “What about this one” and it was a Rousseau (“The Dream”). So I went home and drew the whole thing and I didn’t realise that we were supposed to draw a small bit of it.”

“I recently visited a museum in Basel and saw another Rousseau that was really similar (to the one of my childhood). Actually it had an impact on me. On of my painting that I’ve been working on is called “Jungle with Setting Sun” which is the same as his.”

“There was a sense that if you were going to be an artist in Northern Ireland, your art would be about the situation in Northern Ireland. And a lot of artists there, that’s what their work is about. And it’s not something that I ever really wanted to pursue at all.”

Dans cette dernière partie, Katharina Ziemke parle de sa rencontre avec Thomas Ostermeier qui a joué un rôle important dans l’évolution de son travail. Elle insiste sur l’importance de produire une oeuvre personnelle et singulière et rappelle que les artistes doivent prendre leur temps tout en puisant leur inspiration dans différents domaines.

“Je n’ai jamais été à l’aise avec le travail de commande.”

“Il ne faut pas être trop pressé et s’écouter soi-même.”

“J’aime beaucoup les artistes qui ont quelque chose de très personnel, que l’on ne voit pas ailleurs et qui arrivent à le formuler.”

“J’ai des phases où je sens que je suis en train de changer, c’est souvent après quelques années, après 3 ou 4 ans. Là je fais des choses que je montre un peu moins, qui sont plus des essais.”

“La lumière sera toujours ma motivation.”


In this last part, Katharina Ziemke talks about her meeting with Thomas Ostermeier, who played an important role in the evolution of her work. She stressed the importance of producing a personal and singular work and said that artists should take their time while drawing inspiration from different areas.

“I’ve never been comfortable with commissions.”

“You musn’t be in a hurry and you have to listen to yourself.”

“I love artists who carry something very personal, that we don’t see elsewhere and who manage to express it in their work.”

“At some stages I feel I’m changing. It often occurs after a few years, like 3 or 4. That’s when I make things that I don’t really show, that are more experimentations.”

“Light will always be my main motivation.”

Reka One dans cette dernière partie nous explique qu’il est important de se tromper et d’expérimenter dans son art car, à son sens, c’est le seul moyen de progresser et de s’épanouir. C’est aussi un message qu’il adresse aux jeunes artistes parmi d’autres conseils. James Reka exprime enfin son désir d’aller vers d’autres supports toujours dans cette volonté de développement et d’évolution de son art.

“Je n’ai jamais pensé que si je pouvais remonter le temps, je ferais les choses différemment. Car toutes les erreurs que j’ai pu faire m’ont amené là où je suis aujourd’hui. J’aime faire des erreurs car c’est comme ça qu’on apprend la vie.”

“Si vous travaillez sur une oeuvre avec trop de confiance, comme si vous aviez une recette, sur le plan de l’évolution, vous ne progresserez pas en tant qu’artiste. Ça n’arrivera pas si vous ne prenez pas de risque et ne faites pas d’erreur.”

“Ce que je peux conseiller aux jeunes artistes et street artistes est de rester réalistes. Il faut se rendre comptes que ça prend des années d’atteindre ses objectifs. Il faut vraiment être déterminé, s’y coller et être persévérant. Vous y arriverez si c’est vraiment votre passion.”

“Quand je travaille en studio pour faire des oeuvres, j’explore des voies différentes que je ne pourrais pas pratiquer avec du street art. Dans une galerie je peux faire des expérimentations sur différents supports ou textures. Peut-être que je m’autorise plus à me trompe dans ce travail.”


In this last part, Reka One explains the importance of being wrong and of experimenting in his art because, in his view, it is the only way to expand and evolve. It is also a message he gives to the young generation of artists among other advices. James Reka finally expresses his desire to go to other media in his constant desire for development and evolution in his art.

“I never view that if I could turn back the clock I would approach things differently. Because through a lot of mistakes that I have made, it has directed me where I am now. I do enjoy making mistakes because this is how you learn in life”

“If you’re working on something that you are confident with, and you know that there some kind of formula, where talking about evolution here, and I don’t see artists evolving if they are not taking risks and making mistakes.”

“My advice to the next generation of artists and street artists is that they do have to be realistic and realise that it takes many many years to be able to reach your goals. To be determined and to stick in there, be persistent and you will reach your goals if you are truly passionate about it.”

“Working in a studio and making artwork, I got to explore different avenue that I would never be able to take my street work in. In a gallery I’m able to experiment a lot more with different mediums, textures.Maybe I’m allowing more room for error with my artwork”

“I do want to expand and I’m feeling the hitch to try out other things. I love photography and I also love to use my hands.”

James Reka ou RekaOne, est un street artiste australien. Issu d’une famille de créatifs, il est très vite attiré par le graffiti qu’il découvre en prenant le train chaque jour pour se rendre à l’école. Il explique la naissance de sa passion, notamment animée par son goût du risque, et son évolution vers la quête d’un style unique.

“J’ai grandi près d’une voie ferrée. Je prenais le train tous les jours pour aller à l’école et sur les voies je voyais passer toutes ces couleurs en mouvement.”

“J’aimais l’idée que ces types sortaient la nuit pour faire des oeuvres illégalement. Ils risquaient tout pour leur passion, pour être créatifs.”

“Même si j’avais un très bon professeur d’art, les autres enseignants me faisaient comprendre qu’il était difficile de vivre de son art.”

“Quand j’ai débuté le street art, je n’avais pas l’intention d’exposer dans des galeries. Je faisais tout gratuitement, dans la rue, par passion, par goût du risque. Je fuyais la police…”

“Le monde du graffiti m’a appris qu’il était important de développer son propre style. Que c’était plus important que le contenu.”


James Reka a.k.a. RekaOne, is an Australian street artist. Coming from a creative family, he’s quickly attracted by graffiti that he discovered by taking the train each day to get to school. He explains the birth of his passion, especially driven by his taste for risk, and its evolution to the quest for a unique style.

“I grew up near a train line. It was my first exposure to graffiti. I would catch the train everyday to go to school and on the train lines I would see all those colours and movement.”

“I liked the idea that these guys were going out at night doing illegal work basically. They were risking everything for their passion, to be creative.”

“Even though I had a very good art teacher, the other teachers tried to make me realise that it wasn’t that it is very difficult to make money out of your art.”

“Originally when I started, I had no intentions of being a gallery artist. I was doing everything for free, on the streets, for the passion, for the risk. Running from the police…”

“One of the elements that I’ve learnt from the graffiti world is that it is important to pursue style as the most important think over content.”