Claire Morgan est une étoile montante de l’art contemporain. Originaire de Belfast, elle quitte sa ville natale encore affectée par le conflit nord-irlandais et fait ses études à Newcastle. Naturellement attirée par l’art et la fabrication d’objets, elle a son premier choc artistique en découvrant “Le Rêve” du douanier Rousseau qu’elle reproduit en dessin. Elle n’a par la suite jamais considéré une autre voie que l’art.

“Mon père dessinait des fractales. C’est la seule chose artistique que je retiens de mes parents.”

“J’ai toujours voulu devenir artiste. C’est vraiment ce que je voulais être depuis petite. Je dessinais tout le temps et fabriquais des choses.”

“Quand j’étais adolescente ou quand j’étais à l’université aussi, je travaillais sur mes projets artistiques tout le temps. Je restais seule dans la classe pendant le déjeuner pour dessiner…”

“Je devais avoir 12 ou 13 ans. A l’école on nous a demandé de choisir l’image d’une oeuvre dans un livre et d’en copier un détail. Je n’arrivais pas à en choisir une et mon professeur m’a dit “pourquoi pas celui-là?” et c’était un Rousseau (“Le Rêve”). Donc je suis rentré chez moi et j’ai dessiné l’oeuvre entière en oubliant qu’on ne devait prendre qu’un détail.”

“En visitant récemment un musée à Bâle, j’ai vu un autre Rousseau très proche de celui de mon enfance. En fait ça a eu un impact sur moi. Une des peinture sur laquelle je travaille s’appelle “Forêt Vierge au Soleil Couchant” comme une de ses peintures.”

“On avait le sentiment que si vous vouliez devenir un artiste en Irlande du nord, votre art allait traiter de la situation du pays. C’est le cas de nombreux artistes là-bas. Et c’est un sujet que je n’ai jamais voulu aborder.”


Claire Morgan is a contemporary art rising star. A native of Belfast, she left her hometown still affected by the conflict in Northern Ireland and studied in Newcastle. Naturally attracted to art and making objects, she had her first artistic shock discovering Rousseau’s “The Dream” that she reproduced in a drawing. She has subsequently never considered another way than art.

“My father used to make fractal drawings. That’s the only artistic thing I can think of from my parents”.

“I always wanted to be an artist. That was the thing I always wanted to be when I was a little kid. I was always drawing and making things.”

“When I was a teenager or when I was in university as well, I was working on art things the whole time. Like at lunch time staying in the class in school by myself to draw…”

“I probably would have been 12 or 13. In school we were asked to choose an image of an artwork from a book and copy a detail of it. I couldn’t choose one and my teacher said “What about this one” and it was a Rousseau (“The Dream”). So I went home and drew the whole thing and I didn’t realise that we were supposed to draw a small bit of it.”

“I recently visited a museum in Basel and saw another Rousseau that was really similar (to the one of my childhood). Actually it had an impact on me. On of my painting that I’ve been working on is called “Jungle with Setting Sun” which is the same as his.”

“There was a sense that if you were going to be an artist in Northern Ireland, your art would be about the situation in Northern Ireland. And a lot of artists there, that’s what their work is about. And it’s not something that I ever really wanted to pursue at all.”

Mark Duffy est un photographe irlandais travaillant à Londres. Il est entre autre commissaire d’exposition et réalise des projets personnels dont le plus récent, “Vote No.1”, qu’il a publié grâce au Prix du livre photo de Vienne qu’il a remporté en 2015. Dans cette première partie, il nous explique comment il est venu, par accident, à la photographie.


Mark Duffy is an Irish photographer working in London. He is, among other activities, a curator and produces personal projects, and most recently, “Vote No.1”, which he published with thanks to the Vienna PhotoBook Award he won in 2015. In this first part he explains how he came by accident to photography.

Avec ses silhouettes fantomatiques noyées, comme diluées au milieu de décors grandiloquents, les portraits de groupe de l’artiste irlandaise Genieve Figgis transforment les modèles en ombres, des taches noires figurant leurs orbites vides, leurs corps légèrement tordus jusqu’à en devenir grotesques. Dans son studio à County Wicklow, pas très loin de Dublin, elle imagine des scènes inquiétantes, se déroulant dans des demeures isolées où des messieurs posent sur leurs destriers et les femmes dans leurs boudoirs. Richard Prince a commencé il y a deux ans à la suivre sur Twitter ce qui a déclenché pour elle la publication de son premier livre “Making Love With the Devil” chez Fulton Ryder et une exposition à la Half Gallery à New York.
Très ironique, son travail revisite les peintures de Gainsborough, Fragonard, joue sur les codes des peintres de cour qui la fascinent comme Velázquez, Goya et Holbein. Derrière tout ça, la mort rôde évidemment, comme elle le dit elle –même : « la mort est à l’arrière-plan de tout, non ? »  Ces ombres-là fascinent, sorte de cauchemars moites, de mauvais rêves flamboyants mais déjà disparus, de souvenirs flous qui ne laissent derrière eux qu’un sentiment d’absurdité. Genieve Figgis appuie aussi sur la dimension humoristique de ses tableaux : « Quand nous sommes enfants, nous sommes endoctrinés avec une Histoire faite de faits et de dates. Je tente de ramener cela à la vie avec plus de réalité et de l’humour. En tant qu’Irlandais, vous vous devez d’avoir un vrai sens de l’humour. Certains pensent que mon travail est sombre, certains pensent qu’il est fou, certains pensent juste qu’il est hilarant. »
D.V.

With ghostly figures drowned as diluted amid grandiose sceneries, the group portraits of Irish artist Genieve Figgis transformed the models into shadows, black spots as their empty eye sockets, their slightly twisted body becoming grotesque. In her studio in County Wicklow, not far from Dublin, she imagines disturbing scenes, occurring in isolated houses where the men stand on their steeds and women in their boudoirs. Richard Prince began two years ago to follow her on Twitter what led  to the publication of her first book “Making Love With the Devil” at Fulton Ryder and to an exhibition at the Half Gallery in New York.
Very ironic, her work revisits the paintings of Gainsborough, Fragonard, plays on the codes of court painters who fascinate her, as Velázquez, Goya and Holbein. Behind all this, death lurks course, as she says « Well, death is in the background of everything, isn’t it? » These are fascinating shadows, sort of sweaty nightmares, flamboyant bad dreams or already missing, fuzzy memories that leave behind a feeling of absurdity. Genieve Figgis also relies on the humorous dimension of his paintings: “When we’re little we’re brainwashed with history that’s just facts and dates. I try to imagine it back to life with more reality and a sense of humor. Being Irish, you have to have a wicked sense of humor. Some think my work is dark, some think it’s crazy, some just think it’s hilarious.”
D.V.