Le dessinateur espagnol Juan Francisco Casas est un des nombreux artistes qui pratiquent lโ€™hyper rรฉalisme. Ce quโ€™il conserve comme originalitรฉ dans lโ€™exercice de son talent est lโ€™usage du stylo ร  bille. Etoile montante de lโ€™art contemporain Madrilรจne depuis 10 ans, Casas reproduit les clichรฉs quโ€™il prend sur des feuilles de plus de deux mรจtres de haut. Les femmes sont son sujet favori ; reprรฉsentรฉes souvent nues, elles nous placent en voyeur aussi bien hypnotisรฉs par le rรฉalisme du trait que par la gรฉnรฉrositรฉ de leurs poitrines. Caractรฉristiques de lโ€™exhibitionnisme de notre รฉpoque oรน le selfie rรจgne, les dessins de Juan Francisco Casas inverse aussi les rรดles. Car finalement ces oeuvres sont un regard sur notre sociรฉtรฉ avide dโ€™images intimes que nous consommons ou que nous produisons ร  travers nos รฉcrans.

P.M.


The Spanish artist Juan Francisco Casas is one of many artists who practice photo-realism. He retains as originality in the exercise of his talent, the use of ballpoint pen. Rising star in the Madrid contemporary art scene for 10 years, Casas reproduces photographs he takes on sheets of more than two meters high. Women are his favorite subject; often depicted naked, they put us in a voyeur position mesmerized by both his skills and the generosity of their breasts. Characteristic of our exhibionist time, with the reign of selfies, Juan Francisco Casas drawings also reverse roles. Because ultimately these works have a look at our society hungry for intimate images we consume and we produce through our screens.

P.M.

 

Images : Jonathan LeVine Gallery

Dans cette derniรจre partie, Katharina Ziemke parle de sa rencontre avec Thomas Ostermeier qui a jouรฉ un rรดle important dans lโ€™รฉvolution de son travail. Elle insiste sur lโ€™importance de produire une oeuvre personnelle et singuliรจre et rappelle que les artistes doivent prendre leur temps tout en puisant leur inspiration dans diffรฉrents domaines.

โ€œJe nโ€™ai jamais รฉtรฉ ร  lโ€™aise avec le travail de commande.โ€

โ€œIl ne faut pas รชtre trop pressรฉ et sโ€™รฉcouter soi-mรชme.โ€

โ€œJโ€™aime beaucoup les artistes qui ont quelque chose de trรจs personnel, que lโ€™on ne voit pas ailleurs et qui arrivent ร  le formuler.โ€

โ€œJโ€™ai des phases oรน je sens que je suis en train de changer, cโ€™est souvent aprรจs quelques annรฉes, aprรจs 3 ou 4 ans. Lร  je fais des choses que je montre un peu moins, qui sont plus des essais.โ€

โ€œLa lumiรจre sera toujours ma motivation.โ€


In this last part, Katharina Ziemke talks about her meeting with Thomas Ostermeier, who played an important role in the evolution of her work. She stressed the importance of producing a personal and singular work and said that artists should take their time while drawing inspiration from different areas.

โ€œIโ€™ve never been comfortable with commissions.โ€

โ€œYou musnโ€™t be in a hurry and you have to listen to yourself.โ€

โ€œI love artists who carry something very personal, that we donโ€™t see elsewhere and who manage to express it in their work.โ€

โ€œAt some stages I feel Iโ€™m changing. It often occurs after a few years, like 3 or 4. Thatโ€™s when I make things that I donโ€™t really show, that are more experimentations.โ€

โ€œLight will always be my main motivation.โ€

Dans cette deuxiรจme partie, Katharina Ziemke explique sa fascination pour les couleurs dont elle se sert pour crรฉer l’ambiguรฏtรฉ dans ses peintures. Elle considรจre ces couleurs comme les notes dโ€™une partition qui lui servent ร  composer ses dessins. Lโ€™artiste รฉvoque les artistes qui ont pu lโ€™influencer ou lโ€™inspirer dans ce style tout ร  fait particulier.

โ€œJe voulais rรฉussir mais en mรชme temps je voulais rester fidรจle ร  moi-mรชme et je nโ€™ai pas vraiment suivi de mode.โ€

โ€œJโ€™aimais bien l’ambiguรฏtรฉ entre l’artificiel et le rรฉel. Et jโ€™ai commencรฉ ร  peindre que dโ€™aprรจs maquettes ou sculptures en essayant de les rendre naturelles.โ€

โ€œJโ€™ai pris des photos de gens ou de lieux rรฉels pour essayer de leur donner un cotรฉ maquette.โ€

โ€œLes lumiรจre de la couleur sont pour moi comme des sons.โ€

โ€œJe me suis intรฉressรฉ aux gens qui voient des couleurs quand ils entendent des sons. Cโ€™est assez fou.โ€


In this second part, Katharina Ziemke explains her fascination for the colors she uses to create ambiguity in his paintings. She considers these colors as the notes of a score which she use to compose his drawings. The artist evokes the artists who have influenced or inspired in this quite particular style.

โ€œI wanted to succeed but I wanted to remain faithful to myself. So I did not follow any trend.โ€

โ€œI really loved this ambiguity between the artificial and the real. So I started to paint only from models or sculptures. And my goal was to make the paintings look like they were based on something natural.โ€

โ€œI decided to take pictures of real people or places and tried to make them look artificial, like models.โ€

โ€œThe lights of color are like sounds to me.โ€

โ€œI learned about people who see colors when they hear sounds. This is kind of crazy.โ€

Nรฉe en Allemagne du Nord, Katharina Ziemke agrandi dans une famille qui aimait les lettres. Son pรจre, รฉditeur, lui a donnรฉ le goรปt de la littรฉrature et de la peinture classique russe dont elle rรฉalise des copies encore enfant. Attirรฉe par la philosophie quโ€™elle dรฉcouvre en apprenant le latin, elle se rend ร  Paris et subit un choc culturel. Poussรฉe par la famille qui lโ€™hรฉberge et les souvenirs de sa grand-mรจre artiste ; elle sโ€™inscrit ร  lโ€™รฉcole des Beaux Arts.

โ€œMa grand-mรจre รฉtait artiste. Elle รฉtait peintre et elle faisait cette technique ร  la cire que jโ€™utilise aujourdโ€™hui.โ€

โ€œJe crois que jโ€™ai รฉtรฉ influencรฉ par la luminositรฉ de la cire.โ€

โ€œMon pรจre a รฉtudiรฉ le russe et nous avions beaucoup de livres sur la peinture russe. Jโ€™ai fait des copies de ces peintures. Dโ€™abord ร  lโ€™aquarelle et aprรจs ร  lโ€™huile.โ€

โ€œCโ€™รฉtait trรจs รฉtranger pour moi de voir des artistes contemporains. Mais cโ€™รฉtait en mรชme temps fascinant parce que je ne comprenais pas ce que cโ€™รฉtait. Il y avait une sorte dโ€™รฉnigme assez fascinante.โ€

โ€œJe me souviens dโ€™oeuvres de Thomas Schรผtte que jโ€™aime beaucoup maintenant. […] Je crois que รงa a pu mโ€™influencer mรชme si je lโ€™ai pas compris ร  lโ€™รฉpoque.โ€

Au lycรฉe, โ€œMon cours dโ€™art nโ€™รฉtait pas trรจs intรฉressant. J’รฉtais un peu dรฉรงue car je voulais mโ€™exprimer mais il y avait toujours un sujet  auquel il fallait rรฉpondre. ร‡a mโ€™ennuyait.โ€

โ€œJโ€™ai pensรฉ que je pouvais devenir professeur de latin.โ€

โ€œIls mโ€™ont dit โ€œTu devrais faire les Beaux Arts.โ€ Je crois que je nโ€™aurais jamais fait cette dรฉmarche de moi-mรชme.โ€


Born in northern Germany, Katharina Ziemke was raised by a family that loved literature. His father, as a publisher, gave her the taste for literature and Russian classical painting that she used to copy as a teenager. Attracted by philosophy that she discovered by learning Latin, she went to Paris had a cultural shock. Driven by the family that hosts her and the memories of her grandmother who was an artist; she enrolled in the National School of Fine Arts.

โ€œMy grandmother was an artist. She was a painter and she would the same wax technique Iโ€™m using myself todayโ€

โ€œI think I was influenced by the light of the wax.โ€

โ€œMy father studied Russian and we had a lot of books about Russian paintings. And I copied those paintings, first in watercolor then in oil.โ€

โ€œIt was very unfamiliar for me to see contemporary artists. But it was captivating at the same time because I did not really understand what it was. It was like a fascinating riddle.โ€

โ€œI remember artworks from Thomas Schรผtte that I really like now. […] I think it inspired me even if I didnโ€™t understand it at the time.โ€

In high school โ€œart class was not interesting. I was disappointed because I wanted to express myself and there was always a framework and precise questions to answer to. It bored me โ€œ

โ€œI thought I might teach Latin.โ€

โ€œThey told me โ€œYou should go to the National School of Fine Arts.โ€ I think that without this advice I wouldnโ€™t have thought about it myself.โ€

Reka One dans cette derniรจre partie nous explique quโ€™il est important de se tromper et dโ€™expรฉrimenter dans son art car, ร  son sens, cโ€™est le seul moyen de progresser et de sโ€™รฉpanouir. Cโ€™est aussi un message quโ€™il adresse aux jeunes artistes parmi dโ€™autres conseils. James Reka exprime enfin son dรฉsir dโ€™aller vers dโ€™autres supports toujours dans cette volontรฉ de dรฉveloppement et dโ€™รฉvolution de son art.

โ€œJe nโ€™ai jamais pensรฉ que si je pouvais remonter le temps, je ferais les choses diffรฉremment. Car toutes les erreurs que jโ€™ai pu faire mโ€™ont amenรฉ lร  oรน je suis aujourdโ€™hui. Jโ€™aime faire des erreurs car cโ€™est comme รงa quโ€™on apprend la vie.โ€

โ€œSi vous travaillez sur une oeuvre avec trop de confiance, comme si vous aviez une recette, sur le plan de lโ€™รฉvolution, vous ne progresserez pas en tant quโ€™artiste. ร‡a nโ€™arrivera pas si vous ne prenez pas de risque et ne faites pas dโ€™erreur.โ€

โ€œCe que je peux conseiller aux jeunes artistes et street artistes est de rester rรฉalistes. Il faut se rendre comptes que รงa prend des annรฉes dโ€™atteindre ses objectifs. Il faut vraiment รชtre dรฉterminรฉ, sโ€™y coller et รชtre persรฉvรฉrant. Vous y arriverez si cโ€™est vraiment votre passion.โ€

โ€œQuand je travaille en studio pour faire des oeuvres, jโ€™explore des voies diffรฉrentes que je ne pourrais pas pratiquer avec du street art. Dans une galerie je peux faire des expรฉrimentations sur diffรฉrents supports ou textures. Peut-รชtre que je mโ€™autorise plus ร  me trompe dans ce travail.โ€


In this last part, Reka One explains the importance of being wrong and of experimenting in his art because, in his view, it is the only way to expand and evolve. It is also a message he gives to the young generation of artists among other advices. James Reka finally expresses his desire to go to other media in his constant desire for development and evolution in his art.

โ€œI never view that if I could turn back the clock I would approach things differently. Because through a lot of mistakes that I have made, it has directed me where I am now. I do enjoy making mistakes because this is how you learn in lifeโ€

โ€œIf youโ€™re working on something that you are confident with, and you know that there some kind of formula, where talking about evolution here, and I donโ€™t see artists evolving if they are not taking risks and making mistakes.โ€

โ€œMy advice to the next generation of artists and street artists is that they do have to be realistic and realise that it takes many many years to be able to reach your goals. To be determined and to stick in there, be persistent and you will reach your goals if you are truly passionate about it.โ€

โ€œWorking in a studio and making artwork, I got to explore different avenue that I would never be able to take my street work in. In a gallery Iโ€™m able to experiment a lot more with different mediums, textures.Maybe Iโ€™m allowing more room for error with my artworkโ€

โ€œI do want to expand and Iโ€™m feeling the hitch to try out other things. I love photography and I also love to use my hands.”