Il ne faut pas toujours prendre la peinture trop au sérieux. C’est ce qu’Armand Jalut exprime dans ses toiles avec parfois même une volonté de caricature. Le message n’est pas forcément dans ses sujets mais surtout dans son esthétique. “Les sujets de mes peintures ou de mes dessins sont mis au service d’un processus où entrent en jeu différents effets de style. Le réalisme et l’abstraction, la virtuosité et le ratage, la distance et le macroscopique, le raffiné et le vulgaire, la sensualité et la pornographie. Ces ambivalences visent à démystifier une prétendue vérité de la peinture, et une vision trop romantique du peintre.” Lors d’un séjour à Los Angeles, ville des mirages, il a été inspiré par l’esthétique des pubs American Apparel avec ses jeunes filles ultra érotisées dans des fringues aux couleurs acidulées . Ses peintures mêlent oiseaux de paradis ou fruits juteux avec des chromes ou des structures de moteurs. C’est tape-à-l’oeil, c’est un bonbon fluo ultra chimique mais tellement bon, c’est une bimbo à la french manucure et au brushing ultra laqué ; oui mais c’est une revendication, un manifeste.

P.M.


You don’t always have to take painting too seriously. This is what Armand Jalut expresses in his works with even a caricature purpose. The message is not necessarily in his subjects but more in his aesthetic. “The subjects of my paintings and my drawings are in the service of a process where different effects of style occur. Realism and abstraction, virtuosity and failure, distance and macroscopic, refined and vulgar, sensuality and pornography. These ambivalences aim to demystify the alleged truth of painting, and an overly romantic view of the artist.” During a stay in Los Angeles, a city of mirages, he was inspired by the aesthetic of American Apparel billboards with ultra eroticized girls in clothes with bright colors. His paintings combine birds of paradise or juicy fruits with chrome or motor structures. It’s gee-whiz, it is an ultra chemical neon candy but so good, it’s a bimbo with French manicure and an ultra lacquered blow-dry; yes but it is a claim, a manifesto.

P.M.

L’art est souvent un combat, parfois avec soi même. Laurie Dasnois s’est retrouvée 47 jours dans le coma après un grave accident de la circulation et s’est réveillée hémiplégique droite. Les deux séries de 47 dessins qu’elle effectue deviennent une performance, une lutte pour se ré-approprier son outil, sa main droite. La première, Coma, représente des variations de palmiers parfois faits de mots : Frustration, Peur, Panique, Stress. Cette série dénonce l’ennui de l’individu dans la société et son “angoisse de passer à côté de sa vie. Alors il la rêve et s’imagine sous son palmier pour échapper à son quotidien.” La seconde série, Le Carnaval des morts-vivants, montre les visages des proches de l’artiste qui lui ont rendue visite pendant ces 47 jours. Ils portent chacun les expressions qu’elle pouvait avoir dans son sommeil.

P.M.


Art is often a struggle, sometimes with oneself. Laurie Dasnois found herself 47 days in a coma after a serious traffic accident and woke up right hemiplegic. The two series of the 47 drawings that she carries became a performance, a struggle and a reappropriation of her tool, her right hand. The first, Coma, represents variations of palm trees sometimes made of words: Frustration, Fear, Panic, Stress. This series denounces the boredom of the individual in society and his “anxiety of missing out on life. Then he dreams it and imagines it under his palm tree to escape everyday life.” The second series, The Carnival of the Living Deads, shows the faces of the artist relatives who visited her during those 47 days. Each bears the expressions she could have in her sleep.

P.M.

Il le déclare lui même : “Je ne pense pas qu’il y ait une seule manière de voir mon travail qui soit bonne.” L’artiste britannique Keith Tyson n’a cessé de repousser ses limites depuis qu’il a gagné le prix Turner en 2002. Et en effet il a multiplié les formes d’expressions, de la sculpture à la peinture en passant par des installations générées par des programmes informatiques. Il teste les frontières de l’art qu’il compare à une partie d’échec : “dès que vous prenez une position, vous envisager la suivante, mais celle-ci dépend de possibilités quasi infinies entre les deux joueurs.” Ses oeuvres sont comme une matrice réparties en séries et en systèmes ; elles abordent les sciences, la philosophie et même la science-fiction. Dans ses récentes peintures, il travaille sur d’anciennes toiles récupérées dans des vide-greniers. Après les avoir restaurées, il en enduit une partie de la surface avec du gesso et peint par dessus. Il donne ainsi un caractère quantique à ces toiles qui deviennent pluridimensionnelles. “J’aime l’idée que deux artistes qui ne se sont jamais rencontrés et qui sont séparés de plus d’un siècle créent une sorte d’interférence sur la toile, que les deux styles de peinture deviennent lié comme les vagues de l’océan sont connectées les unes aux autres dans un continuum à travers les âges.”

P.M.


He declares himself : “I don’t think there’s a specific way of viewing my work that is correct.” The British artist Keith Tyson has been stretching his boundaries since he won the Turner Prize in 2002. And indeed hes has multiplied his forms of expression, from sculpture to painting through the installations generated by computer programs. He tests the boundaries of art that he compares to a game of chess : “as soon as you have one position you are on to the next, but it is about the near infinite possibilities between the two players.” His works are as a matrix, divided into series and systems ; they address science, philosophy and even science fiction. In his recent series, he works on ancient paintings he finds in second hand shops. After repairing it he scraps over its surface with gesso and paints over it. Thus he gives a quantum character to these paintings that become multidimensional. “I like the idea that two artists who had never met and were separated by over a century had created a kind of interference pattern on the canvas;  that the two styles of painting had become linked just as all the ocean waves are connected to each other in a continuum throughout the ages “

P.M.