Les artistes sont les interprètes de la réalité qui les entoure. Une réalité qui évolue à plus ou moins grande vitesse. La chinoise Yu Hong, qui peint depuis les années 80, est un des grands témoins des changements de son pays. Depuis l’évolution de la condition de la femme qui se libère du schéma familial traditionnel jusqu’à la pression exercée sur la jeunesse qui court pour rattraper un train économique sans frein. Également professeur d’art, elle prend le pouls de générations successives tantôt mélancoliques, tantôt tiraillées par une société qui doit parfois faire le grand écart entre tradition et modernité. Dans ses dernières peintures, il est beaucoup question de temps et d’évasion. “La Chine a besoin de ralentir, de prendre soin de tout le monde et de porter intérêt aux changements dans la vie des gens dans cette société qui se développe très vite. L’environnement change tellement vite que nous ne faisons plus attention à la vie. Nous devrions ralentir et prendre conscience de ce qui se passe réellement.”

P.M.


Artists are interpreters of the reality that surrounds them. A reality that is changing more or less fast. Chinese Yu Hong, who has been painting since the 80’s, is one of the great witnesses of the changes in her country. From the changes of the women conditions that are released from the traditional family pattern to the pressure on young people running to catch an economic train without brakes. Also art teacher, she takes the pulse of successive generations sometimes melancholy, sometimes torn by a society that must sometimes do the split between tradition and modernity. In her later paintings, there are matters about time and escape. “China needs to slow down, to take care of everyone and show concern for the changes in people’s lives in this fast-developping society. Because the situation changes so fast, we don’t even pay attention to life. We should slow down and be aware of what is actually happening.”

P.M.

Avec toute une génération biberonnée à la culture mainstream, bombardée de clips, de pubs, de magazines et de blockbusters, le POP art est de retour. L’artiste Eric Yahnker s’engouffre dans la brèche sans filet et sans complexe. As du crayon, il dessine des pamphlets de 2 mètres de haut qui s’attaquent à la religion, à la politique, aux icônes et symboles américains d’aujourd’hui dans un réalisme bluffant. Il vit à Los Angeles, ville du pire et du meilleur : “Comme Monet qui allait dans son jardin pour trouver l’inspiration ; je pense que Hollywood, dans une certaine mesure, est ce que je vois quand je sors pour chercher l’inspiration.” Provocateur (ou authentique) et sans retenue, il a notamment été animateur pour le film South Park. Passé par une école de journalisme, il vénère les caricaturistes comme Paul Conrad, Prix Pulitzer du dessin de Presse, mais cite aussi Mel Brooks et Woody Allen comme références. Ses oeuvres offrent une double lecture, du simple impact visuel de ses dessins géants à leur signification et leur regard sur la société américaine. Peu importe notre perception tant qu’on le voit tel qu’il se définit : “politique, têtu, absurde, sarcastique, cérébrale, perverti, idiot avec un coeur fait de testicules en or.”

P.M.


With a bottle-feeded generation with mainstream culture, bombarded with clips, ads, magazines and blockbusters, Pop Art is back. The artist Eric Yahnker rushes into the breach without a net and without complex. Ace of the pencil, he draws 2 meters high lampoons that jeopardizes religion, politics, icons and symbols of today’s America with a stunning realism. He lives in Los Angeles, the city of the worst and the best, “like Monet going into his garden to find inspiration.  I guess Hollywood, to some degree, is what I see when I go outside looking for inspiration.” Provocateur (or genuine) and without restraint, he was animator for the South Park movie. Trained in a school of journalism, he worships cartoonists like Paul Conrad, Pulitzer Prize for editorial cartooning, but also cites Woody Allen and Mel Brooks as references. His works offer a double reading, from the simple visual impact of its giant drawings to their meaning and look on American society. Whatever our perception as long as we see his works as he defines himself “political, stubborn, absurd, sarcastic, cerebral, perverted, jack-ass with a heart of golden testicles.”

P.M.

La jeune photographe Tami Bahat a été élevée dans l’amour des arts et la poursuite de sa passion. Elle raconte l’influence de ses parents et le déclic qui l’a menée vers la photographie.


The young photographer Tami Bahat was raised in the love of the arts and the pursuit of her passion. She tells the influence of his parents and the trigger that led her to photography.

Certains artistes aiment brouiller les pistes, refusent de se limiter à un seul support. Le suisse David Renggli s’y applique particulièrement. Dans sa dernière série Floorplan Desire Painting il joue d’illusions et là où de prime abord nous ne voyons qu’une seule surface, il s’agit en fait d’une superposition de plans. Peinture sur bois, sérigraphie et acrylique sur tissage de jute constituent les dimensions multiples de ses oeuvres. Elles gagnent ainsi en volume, prennent un nouvel aspect selon l’orientation de la lumière. On est confronté à un monde plat mais en relief, à des motifs architecturaux qui ne tiennent que sur une fine toile. Il efface les certitudes de chacun pour engager une conversation car “faire simplement des déclaration n’est pas satisfaisant.”

P.M.


Some artists like to cover their tracks, refusing to be confined to a single medium. The Swiss David Renggli takes a particular care doing so. In his latest series Floorplan Desire Painting  he plays with illusions and where at first we only see one surface, it’s actually layers of plans. Wood painting, silkscreen and acrylic on weaved jute are the multiple dimensions of his works. They thus gain in volume, take a new look depending on the orientation of the light. We then face a flat world but in relief, with architectural motifs that take weight on a fine canvas. He clears our certainties to start a conversation as “putting out only statements is not satisfying.”

P.M.