Dans une époque où l’image règne, Ida Tursic & Wilfried Mille sont des ogres qui collectionnent, consignent et apprivoisent ce qu’ils trouvent sur internet, dans des films où ce qui les entoure ; ils ont classé plus de 140 000 images en dix ans. Ce duo de peintres français ne se contente pas pour autant de coucher sur la toile ce qu’il capture sur le web ou autour de lui. L’image peinte est comme un organisme qui doit avoir subi les traces du temps, qui doit raconter plus que ce qu’elle montre. Un tableau peut résider dans l’atelier en suspens car “il manque […] de la profondeur, la patine du temps, il lui manque le mystère, la complexité de l’événement, il lui manque son fantôme.” Ces artistes sont des physiciens qui expérimentent ; ils raclent leur palette pour récupérer les copeaux de peinture qui auront un jour, peut-être, une seconde vie ; agrandissent des clichés au point de n’en voir plus que des détails qui transforment leur toile en abstraction. Que ce soit en représentant des images pornographiques ou de petites fleurs des champs alentours, c’est la peinture “qui finira le travail, c’est elle qui aura de toute façon le dernier mot, avec ses imprévus, ses surprises, ses contradictions qu’il faudra accepter ou refuser.”

P.M.


In a time where image reigns, Ida Tursic & Wilfried Mille are ogres who collect, record and tame what they find on the Internet, in movies or in surroundings; they have classified over 140 000 images in ten years. This duo of French painters is not contenting himself with painting on the canvas what he captures on the web or around him. The painted image is like a organism that must have suffered the traces of time, that should tell more than it shows. A painting can reside outstanding in the workshop because “it lacks […] of the depth, the patina of time, it lacks the mystery and complexity of the event, it lacks its ghost.” These artists are like physicists they experiment; they scrape their palette to recover the paint chips that will one day have, perhaps, a second life; enlarge snapshots at a point that we are unable to see more than details and thus transform their canvas into abstractions. Whether depicting pornographic images of flowers from surrounding fields, it is the painting “that will eventually do the job, that will anyway have the last word, with its unexpected, surprises, contradictions that we will have to accept or to decline. “

P.M.

Les médias de masse et la pop culture influencent et inspirent les artistes depuis des décennies. L’artiste berlinois Johannes Kahrs peint sur ses toiles des photos ou des arrêts sur images de personnes exsangues, à la peau et aux traits fatigués. On y voit de l’ennui, de la tristesse, du vide ou de l’absence aussi bien dans les yeux des sujets que dans les environnements qu’il peut reproduire. Nous renvoie-t-il à la solitude représentée ou à la nôtre lorsque l’on regarde un écran ? Le peintre lui-même semble plus attaché aux pixels plus qu’à la chair : “Je n’ai pas de modèles dans mon studio, j’ai essayé plusieurs fois mais ça n’a pas fonctionné – je trouve leur présence perturbante.”

P.M.


Mass media and pop culture have influenced and inspired artists for decades. The Berliner artist Johannes Kahrs paints bloodless people, tired skins and features from photos or stills. It shows boredom, sadness, emptiness or absence both in the eyes of the subjects or in environments he reproduces. Does he turn us to the loneliness represented or to our own when we are looking at a screen? The painter himself seems more attached to pixels than flesh : “I don’t have models in my studio, I tried it a couple of times but it didn’t work – I found their presence unsetting.”

P.M.

Dans cette deuxième partie Eric Pillot nous décrit la façon dont il a quitté la voie royale qu’il avait conquise à travers ses brillantes études.


In this second part Eric Pillot describes how he left the golden path he had conquered through his brilliant studies.

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