Les sujets du canadien Yang Cao semblent se cacher, s’isoler, mais ils se laissent trahir par leur gestes ou les nuages à travers lesquels leurs émotions transparaissent. En effet, pour l’artiste, les nuages comme les être humains ont un comportement erratique, “ils changent de forme et de lieu au gré du vent.”  Une observation sur une société dont il regrette pourtant le manque de recul ou de perspective : “Si j’en avais le pouvoir, j’enverrai les dirigeants de chaque pays voyager dans l’espace afin qu’ils constatent à quel point notre monde est petit.“

P.M.


Characters by the Canadian painter Yang Cao seem to hide, isolate themselves, but they let themselves betrayed by their gestures or the clouds through which their emotions are reflected. Indeed, for the artist, clouds as human beings have erratic behavior, “they change shape and place in the wind.” An observation about a society  of which he nevertheless regrets the lack of distance or perspective: “If I had the power, I would send every leaders of every countries on a trip to space to look how small is everything.“

P.M.

Dans cette seconde partie, Erwin Olaf raconte sa découverte de la photographie, sa passion grandissante pour ce medium et l’évolution de son art.


In this second part, Erwin Olaf tells us about his discovery of photography, his growing passion for this medium and the evolution of his art.

Guillermo del Toro le décrit comme un “maître du Rococo post-industriel”. Les incroyables sculptures de l’artiste américain Kris Kuksi, conçues en partie d’objets de récupération et de figurines de maquette, racontent autant d’histoires qu’il y a d’angles et de détails à observer. Elles nous plongent d’abord dans un univers morbide et rendraient fier tout pirate qui en ornerait la poupe de son navire. Il s’inspire autant de l’art gothique que de l’iconographie heavy metal – ayant passé sa jeunesse passée à reproduire les pochettes d’albums d’Iron Maiden qui, à l’époque, représentaient pour lui la plus haute forme d’art. Kuski qualifie son travail d’équilibre entre chaos et symétrie et on y trouve un caractère religieux (“Saint Michel Tuant le Serpent”) ; pour lui “l’homme est limité par son avidité et sa négligence. Alors qu’il en a conscience, il ne fait pas toujours le bon choix pour améliorer son sort.” Il déclare que “si l’homme pouvait faire face à ses pulsions sombres, il pourrait les surmonter.” Une quête de rédemption qu’il illustre dans ses sculptures qu’il fabrique dans son studio du Kansas… situé dans une vieille église du 19ème siècle.

P.M.


 

Guillermo del Toro describes him as a “post-industrial Rococo master”. The pieces of the American artist Kris Kuski, partly made of salvage and model kit parts, tell as many stories as there are angles and details to observe. They plunge us in a morbid universe and would make proud any pirate having it on the stern of his ship. He uses references from gothic art  iconography but also from heavy metal culture resulting from his youth spent reproducing the Iron Maiden album covers which, at the time, for him the highest form of art. Kuski describes his work balance between chaos and symmetry and there is also a religious reading to his work (Saint Michael Killing the Serpent); for him, “the man is limited by his greed and negligence. Even if he knows it, he is not always making the right choices to improve his fate.” He said that “if man could embrace his dark impulses, he could overcome them.” A quest for redemption illustrated in his sculptures built in his studio based in Kansas… in an old 19th century church.

P.M.

Inspiré dans son travail par Balthus, Chirico, Vermeer ou Delacroix, et souvent sexuellement explicite, le peintre turc Taner Ceylan détourne dans sa dernière toile le portrait de la Princesse de Broglie  peint par Jean Auguste Dominique Ingres. L’artiste met en application ce qu’Oscar Wilde déclarait – “Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait non du modèle, mais de l’artiste”- et remplace le visage de la Princesse par celui d’Ingres. La grande technique de Taner Ceylan et son attachement pour le détournement de la peinture classique n’en fait pas moins un artiste engagé et sans concession : “Mon art n’a pas à être subversif ou politique ou avoir des connotations politiques. Mais vous ne devez pas oublier que l’art est un acte politique. Si vous faites de l’art, vous êtes déjà en train d’agir, de créer et de penser selon vos désirs et votre libre arbitre et pas en train de céder aux demandes du système.”

P.M.


Inspired in his work by Balthus, Chirico, Vermeer or Delacroix, and often sexually explicit, the Turkish painter Taner Ceylan transforms in his last painting the Princess de Broglie portrait painted by Jean Auguste Dominique Ingres. The artist implements what Oscar Wilde said – “Every portrait that is painted with feeling is a portrait of the artist, not of the sitter” – and replaces the face of the Princess by Ingres’one. The great technical skills of Taner Ceylan and his attachment to spoof classical painting does not make him less a committed and uncompromising artist: “My art doesn’t have to be controversial to be political or have political undertones. However, you must remember that art is a political action. If you are making art, you are already acting, creating and thinking according to your desires and your free will and not conceding to the demands of the system. “

P.M.

Ses héroïnes portent des prénoms de fictions sur grand écran. Leurs visages, eux, évoquent des noms mythiques : Sophia Loren, Rita Hayworth, Lauren Bacall ou Joan Collins. Point particulier : elles portent sur leurs têtes en guise de chevelures des univers entiers constitués de centaines d’êtres et d’objets : des voitures, animaux, feuillages, ampoules, platines de disques, oiseaux, navires ou caméras. Le travail minutieux et fascinant de Maria Rivans, artiste anglaise vivant à Brighton, n’est pas sans rappeler celui des surréalistes comme Max Ernst ou des dadaïstes, qui avaient fait du collage un outil de poésie.

A partir de magazines, manuels ou catalogues des années 30 à 70, elle crée un chaos romantique, presque hallucinatoire dans lequel il fait bon se perdre. Parmi ses références principales, elle cite l’âge glorieux du Technicolor ou le cinéaste Alfred Hitchcock et plus précisément les films « Fenêtre sur cour » et « La Corde » pour leurs atmosphères. 

Cette ancienne créatrice de bijoux, diplômée en design 3D au Brighton Art College, utilise plusieurs formats, du A3 pour sa série pleine d’humour « Film Stills » au grand format pour ses « Pin-Up » exposées en janvier dernier à la Saatchi Gallery. Son rêve serait de développer la 3D sur ses collages pour permettre aux gens de se balader dans ses paysages irréels : vivement demain…

P.M.


Her characters have movie fictional surnames, but their faces evoke mythical names : Sophia Loren, Rita Hayworth, Lauren Bacall or Joan Collins. They wear on their heads entire universes consisting of hundreds of beings and objects: cars, animals, leaves, bulbs, birds, ships or cameras. The meticulous and fascinating work of Maria Rivans, a British artist living in Brighton, is directly following the path of surrealists such as Max Ernst or the Dadaists, who made of collage a poetry tool.

From magazines, manuals or catalogs from the 30’s to the 70’s, she creates a romantic chaos, almost hallucinatory in which it is good to lose oneself. Among her main references, she cites the glorious age of Technicolor or filmmaker Alfred Hitchcock and more precisely the films “Rear Window” and “The Rope” for their atmospheres.

This ex-jewelry designer, graduated in 3D design at Brighton Art College, uses several formats, from A3 for his humorous series “Film Stills” to the very large format for its “Pin-Up” series exposed last January at the Saatchi Gallery. Her dream would be to develop 3D on her collages to allow people to walk in her unreal landscapes : we cannot wait…

P.M.