L’art est souvent un combat, parfois avec soi même. Laurie Dasnois s’est retrouvée 47 jours dans le coma après un grave accident de la circulation et s’est réveillée hémiplégique droite. Les deux séries de 47 dessins qu’elle effectue deviennent une performance, une lutte pour se ré-approprier son outil, sa main droite. La première, Coma, représente des variations de palmiers parfois faits de mots : Frustration, Peur, Panique, Stress. Cette série dénonce l’ennui de l’individu dans la société et son “angoisse de passer à côté de sa vie. Alors il la rêve et s’imagine sous son palmier pour échapper à son quotidien.” La seconde série, Le Carnaval des morts-vivants, montre les visages des proches de l’artiste qui lui ont rendue visite pendant ces 47 jours. Ils portent chacun les expressions qu’elle pouvait avoir dans son sommeil.

P.M.


Art is often a struggle, sometimes with oneself. Laurie Dasnois found herself 47 days in a coma after a serious traffic accident and woke up right hemiplegic. The two series of the 47 drawings that she carries became a performance, a struggle and a reappropriation of her tool, her right hand. The first, Coma, represents variations of palm trees sometimes made of words: Frustration, Fear, Panic, Stress. This series denounces the boredom of the individual in society and his “anxiety of missing out on life. Then he dreams it and imagines it under his palm tree to escape everyday life.” The second series, The Carnival of the Living Deads, shows the faces of the artist relatives who visited her during those 47 days. Each bears the expressions she could have in her sleep.

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Avec toute une génération biberonnée à la culture mainstream, bombardée de clips, de pubs, de magazines et de blockbusters, le POP art est de retour. L’artiste Eric Yahnker s’engouffre dans la brèche sans filet et sans complexe. As du crayon, il dessine des pamphlets de 2 mètres de haut qui s’attaquent à la religion, à la politique, aux icônes et symboles américains d’aujourd’hui dans un réalisme bluffant. Il vit à Los Angeles, ville du pire et du meilleur : “Comme Monet qui allait dans son jardin pour trouver l’inspiration ; je pense que Hollywood, dans une certaine mesure, est ce que je vois quand je sors pour chercher l’inspiration.” Provocateur (ou authentique) et sans retenue, il a notamment été animateur pour le film South Park. Passé par une école de journalisme, il vénère les caricaturistes comme Paul Conrad, Prix Pulitzer du dessin de Presse, mais cite aussi Mel Brooks et Woody Allen comme références. Ses oeuvres offrent une double lecture, du simple impact visuel de ses dessins géants à leur signification et leur regard sur la société américaine. Peu importe notre perception tant qu’on le voit tel qu’il se définit : “politique, têtu, absurde, sarcastique, cérébrale, perverti, idiot avec un coeur fait de testicules en or.”

P.M.


With a bottle-feeded generation with mainstream culture, bombarded with clips, ads, magazines and blockbusters, Pop Art is back. The artist Eric Yahnker rushes into the breach without a net and without complex. Ace of the pencil, he draws 2 meters high lampoons that jeopardizes religion, politics, icons and symbols of today’s America with a stunning realism. He lives in Los Angeles, the city of the worst and the best, “like Monet going into his garden to find inspiration.  I guess Hollywood, to some degree, is what I see when I go outside looking for inspiration.” Provocateur (or genuine) and without restraint, he was animator for the South Park movie. Trained in a school of journalism, he worships cartoonists like Paul Conrad, Pulitzer Prize for editorial cartooning, but also cites Woody Allen and Mel Brooks as references. His works offer a double reading, from the simple visual impact of its giant drawings to their meaning and look on American society. Whatever our perception as long as we see his works as he defines himself “political, stubborn, absurd, sarcastic, cerebral, perverted, jack-ass with a heart of golden testicles.”

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Les grands dessins au crayon de la française Amandine Urruty nous plongent dans un univers où les sujets de Dürer, Richard Hamilton et Dalí pourraient croiser la Famille Addams, Bambi et quelques ectoplasmes pendant une nuit d’Halloween. Elle décrit son travail avec pas mal d’humour dans la bio de son site en ses termes : « Armée d’une solide technique du crayon, elle puisa son inspiration dans les tableaux de Jérôme Bosch et dans la lecture du Nouveau Détective, brassant dans son sillage les amoureux de symbolique alchimique et les adolescentes plantureuses (un peu) vulgaires. »

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The big graphite drawings of the French artist Amandine Urruty plunge us into a universe where the subjects of Dürer, Richard Hamilton and Dalí could rub their shoulders with the Addams Family, Bambi and few ectoplams during an Halloween night. She describes her work with a lot of humor in her bio on her website : « As she masters techniques of traditional drawing, Amandine Urruty offers us a cheerful gallery of deviant portraits, inspired by Hieronymus Bosch and the reading of the National Enquirer, associating grotesque outfits with baroque decorum which miraculously reconcile lovers of alchemistic symbolism to young ladies with too much make up. »

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