A travers sa propre expérience, Shane Lynam nous donne son point de vue sur la façon d’appréhender la photographie d’art quand on débute et que l’on souhaite en vivre. Lui qui a quitté son job pour se consacrer à la photo, il nous explique la façon dont il a géré sa carrière, sa méthode de travail et comment il envisage son avenir.

“Pour la plupart quand on trouve ce qu’on veut faire, c’est un formidable moment dans sa vie. Mais pour moi c’est une pression à accomplir et de savoir comment je vais y arriver. C’est une chose qui peut-être stressante.”

“Quand on débute dans la photographie, ça prend un moment avant de gagner de l’argent.”

“Pour moi le plus important est de progresser tout le temps. Ce n’est pas forcément faire la meilleure photo mais lui donner plus de sens et de force.”

“Je pense que je ferai toujours de la photo. Quoiqu’il advienne je me vois enchaîner les projets. Que les gens les voient ou pas.”

P.M.


Through his own experience, Shane Lynam gives us his views on how to comprehend art photography when you begin and make a living from it. He who left his job to devote himself to photography,explains how he managed his career, his working method and how he sees his future.

“I guess people talk about once you figure out what you want to do, it’s a great moment in your life. But there’s almost a pressure then to realise it and how you’re going to go about making it all happen. It can almost be a kind of a stress.”

“Photography, especially when you’re starting out, takes a while before you start making money.”

“With me the most important is just improving all the time. Not necessarily making the best photo ever just make the work more meaningful and stronger.”

“I think I’ll always make work for the rest of my life. No matter what happens, I see myself making projects after projects whether anyone sees it.”

P.M.

Dans cette deuxième partie Shane Lynam nous explique la façon dont il a construit son style. Ayant fait des études dans ce domaine, il s’intéresse à l’impact de la conjoncture économique et des décisions politiques sur l’urbanisme à travers le temps. Son regard se pose sur l’évolution des interactions des populations avec ces lieux parfois anachroniques mais qui tentent de s’adapter à la société d’aujourd’hui. Il nous livre également son avis de photographe sur l’âge d’or que l’Irlande a connu avant de s’effondrer à la crise de 2008.

“La photo devenait quelque chose que j’aimais mais je n’en étais pas encore convaincu.”

“Rentrer dans le monde de la photo à Paris est assez délicat. En particulier quand on débute, c’est un milieu un peu fermé.”

“Quand je photographie des lieux, je m’intéresse à leur historique. J’essaie d’identifier comment leur différentes strates d’histoire économique et politique se traduit dans l’architecture ou l’urbanisme.”

“Je pense qu’il faut aller dans des villes moins évidentes pour les photographes d’art et trouver le moyen de les rendre intéressantes.”

“J’aimerais beaucoup faire une grande série aux Etats-Unis. Notamment pour ce qui s’est passé ces 10/15 dernières années au niveau économique.”


In this second part Shane Lynam explains how he built his style. Having done studies in this field, he is interested in the impact of economic and political decisions on urban planning through time. His fixes upon the evolution of interactions between the population and sometimes anachronistic places that are trying to adapt to today’s society. He also gives us his photographic review of the golden age that Ireland has experienced before collapsing to the 2008 crisis.

“Photo was getting to something that I liked but I really wasn’t sure about it.”

“Getting into photography in Paris is quite tricky. Especially when you’re starting it’s quite a kind of closed world.”

“When I’m photographing spaces I’m interested in the history that formed that space and whether we can see the layers of political and economic history in the buildings and the surfaces.”

“I think you have to go to cities that are less obvious for art photographers and try to find a way of making them interesting.”

“I would love to make something big in the US. Because of what has happened there the last 10/15 years economically.”

Shane Lynam est un photographe irlandais qui s’est fait sur le tard. Vivant successivement à Dublin, Paris et Bruxelles, il a fait des études d’économie et de sciences politiques qui le destinaient davantage à l’administration publique européenne. Il fait l’acquisition de son premier appareil photo, un peu par accident, à la fin de ses études alors que la vente des appareils numériques explose. Peu initié à l’art, ce n’est qu’au début de sa carrière professionnelle qu’il s’y intéresse et en particulier à la photographie. Lorsqu’il emménage à Paris il est frappé par l’exposition de Raymond Depardon, “La France”, qui aura une immense influence sur son style.

“J’avoue que quand j’étais à l’université à Dublin, je n’allais pas particulièrement voir d’expositions.”

“J’envisageais de faire carrière à Bruxelles, à la Commission européenne.”

“L’exposition de Raymond Depardon m’a vraiment marqué. Ça se voit dans le travail que je fais

“Prendre des photos est rapidement passé d’une activité du week end à quelque chose d’obsessionnel.”

“La photo ne se limite pas au cliché, c’est aussi un moyen d’exprimer des idées en créant une narration. Avec 15 ou 20 photos on peut raconter des histoires”

P.M.


Shane Lynam is an Irish documentary photographer who came to photography relatively late in life. After growing up in Dublin, Paris and Brussels, he studied economics and political science that destined him more for a possible career in the European public administration. He acquired his first camera, quite by accident, at the end of his studies while the sales of digital devices exploded. Although art had not played an important role in his life during his undergrad years, his interest grew rapidly as his career developed and especially in photography. When he moved to Paris he was struck by the exhibition of Raymond Depardon, “La France”, which will have a huge influence on his style.

“I have to say that when I was in college in Dublin I wouldn’t have been going to a lot of art shows.”

“I was thinking of working in Brussels in the European Commission.”

“Raymond Depardon’s show definitely left a mark. You can see it in the work now. It’s the idea of capturing the banal and see how it can be so interesting.”

“Taking pictures very quickly moved from something that was at the week ends to something that was almost obsessional.”

“Photography is not about one shot, it’s very much about how you can express ideas with a narrative. With 15 to 20 photos you can tell stories.”

P.M.

Emma Grosbois est une jeune photographe née à Rennes en 1985. Elle vit entre la France et l’Italie. Avide d’exploration, elle est attirée par les lieux insolites, les personnages banals en apparence mais qui cachent des paradigmes humains. Son oeuvre est une étude anthropologique qui nous fait découvrir les mondes et usages insoupçonnés de communautés et groupes sociaux. Particulièrement portée sur le fait religieux, sa photo est un révélateur de rites ecclésiastiques dont l’objectif et la signification va au delà du simple culte.


Emma Grosbois is a young photographer born in Rennes in 1985. She lives between France and Italy. Eager to explore, she is drawn to unusual places, banal characters in appearance but hiding human paradigms. Her work is an anthropological study that reveals unsuspected worlds and customs of communities and social groups. Particularly focused on the religious behaviours, her work is a pointer of ecclesiastical rites whose purpose and meaning goes beyond the simple worship.

Le photographe Jérôme Bryon est comme un enfant unique qui peut, tout seul, inventer un univers à partir de presque rien. Il a débuté sa carrière dans la publicité à rendre l’ordinaire beau. C’est après quelques voyages et quelques clichés dans les vastes paysages d’Australie et des Etats Unis qu’il trouve une nouvelle liberté de création. Il poursuit alors ce travail sur les paysages où l’homme n’a que très peu laissé son empreinte ; dans des territoires quasi vierges, dans une recherche d’isolement comme pour faire table rase de sa vie antérieure, se débarrasser de sa déformation professionnelle. Dans sa dernière série, “Grand Sud”, il est allé à coté de chez lui près de Montpellier sur des parkings d’hypermarché. Là, il donne au banal une nouvelle dimension : des coins de parking deviennent des paysages sans limite, des bouts de roche insignifiants se transforment en montagne. “La photograhie est tout simplement ma thérapie, mon divan. Plus je cultive ce terrain, plus je me sens  fort.” On comprend alors le titre de la monographie consacrée à son travail : Possibilité de Survie en Milieu Hostile.

P.M.


The photographer Jerome Bryon is like an only child who can, alone, create a universe with almost nothing. He began his career in advertising, making beautiful goods from common ones. It was after a few trips and a few shots in the vast landscapes of Australia and the United States that he found a new creative freedom. He then continued this work on landscapes where man has barely left his mark; in almost virgin territories, in search of isolation as to make a clean sweep of his former life, to get rid of his professional quirk. In his latest series, “Grand Sud”, he went near his home near Montpellier on hypermarket car parks. Here he gives the banal a new dimension: the parking corners become limitless landscapes, insignificant rock scraps turn into mountains. Photograhy is simply my therapy, my shrink couch. The more I cultivate this field, the stronger I feel.” We now understand the title of the monograph dedicated to his work : Survival Possibility in Hostile Environment.

P.M.