Avec toute une génération biberonnée à la culture mainstream, bombardée de clips, de pubs, de magazines et de blockbusters, le POP art est de retour. L’artiste Eric Yahnker s’engouffre dans la brèche sans filet et sans complexe. As du crayon, il dessine des pamphlets de 2 mètres de haut qui s’attaquent à la religion, à la politique, aux icônes et symboles américains d’aujourd’hui dans un réalisme bluffant. Il vit à Los Angeles, ville du pire et du meilleur : “Comme Monet qui allait dans son jardin pour trouver l’inspiration ; je pense que Hollywood, dans une certaine mesure, est ce que je vois quand je sors pour chercher l’inspiration.” Provocateur (ou authentique) et sans retenue, il a notamment été animateur pour le film South Park. Passé par une école de journalisme, il vénère les caricaturistes comme Paul Conrad, Prix Pulitzer du dessin de Presse, mais cite aussi Mel Brooks et Woody Allen comme références. Ses oeuvres offrent une double lecture, du simple impact visuel de ses dessins géants à leur signification et leur regard sur la société américaine. Peu importe notre perception tant qu’on le voit tel qu’il se définit : “politique, têtu, absurde, sarcastique, cérébrale, perverti, idiot avec un coeur fait de testicules en or.”

P.M.


With a bottle-feeded generation with mainstream culture, bombarded with clips, ads, magazines and blockbusters, Pop Art is back. The artist Eric Yahnker rushes into the breach without a net and without complex. Ace of the pencil, he draws 2 meters high lampoons that jeopardizes religion, politics, icons and symbols of today’s America with a stunning realism. He lives in Los Angeles, the city of the worst and the best, “like Monet going into his garden to find inspiration.  I guess Hollywood, to some degree, is what I see when I go outside looking for inspiration.” Provocateur (or genuine) and without restraint, he was animator for the South Park movie. Trained in a school of journalism, he worships cartoonists like Paul Conrad, Pulitzer Prize for editorial cartooning, but also cites Woody Allen and Mel Brooks as references. His works offer a double reading, from the simple visual impact of its giant drawings to their meaning and look on American society. Whatever our perception as long as we see his works as he defines himself “political, stubborn, absurd, sarcastic, cerebral, perverted, jack-ass with a heart of golden testicles.”

P.M.

La jeune photographe Tami Bahat a été élevée dans l’amour des arts et la poursuite de sa passion. Elle raconte l’influence de ses parents et le déclic qui l’a menée vers la photographie.


The young photographer Tami Bahat was raised in the love of the arts and the pursuit of her passion. She tells the influence of his parents and the trigger that led her to photography.

Il est rare d’avoir deux passions et de pouvoir les suivre. L’américain Corey Arnold a réussi à concilier la pêche, qu’il exerce depuis son enfance et dont il a fait son métier, et la photographie un art qu’il pratique quotidiennement. Inspiré par le travail de Peter Beard, Sally Mann ou Joel Sternfeld il s’intéresse aux perceptions et aux rapports que l’homme a avec la Nature. L’artiste qui a notamment passé quatre ans en Norvège et sept ans en Alaska à pêcher dans la mer de Bering a rapporté des clichés des zones de pêche parmi les plus rudes et les plus reculées au monde. Une forme de cure du corps et de l’esprit pour lui : ”C’est tellement agréable de sortir et faire quelque chose de physique, cela rajuste complètement votre esprit. La pêche est parfaite pour ça ; je rentre chez moi fort et revigoré.

P.M.


It is rare to have two passions and to follow them. The American Corey Arnold managed to reconcile fishing and photography. He’s indeed a fisherman, being introduced to fishing by his dad during his childhood, and a photographer exhibiting in fine art galleries. Inspired by the work of Peter Beard, Sally Mann and Joel Sternfeld he is interested in perceptions and relationships between man and nature. The artist who notably spent 4 years in Norway and 7 years in Alaska trawling in the Bering Sea took back shots of fishing grounds among the harshest and most remote in the world. A kind of cure to him, “It’s so nice to go out and do something physical, it completely readjusts your mind. Fishing is perfect for that, I come home strong and refreshed.

P.M.

Ce ne sont pas les couches d’or 22 carats appliquées sur ses toiles qui rendent la peinture de l’américaine Larissa Bates riche, mais la concentration d’influences et de références qu’elles recèlent. Elles traversent les âges : des miniatures persanes à la peinture surréaliste de Frida Kahlo, dont une de ses toiles s’inspire, – “Two Ubumes as Twin Gestational Carriers After The Two Fridas” – en passant par les enluminures du Moyen-Âge ou les natures mortes de Bosschaert. Les sujets de l’artiste d’origine costaricaine restent néanmoins contemporains. Son arrière-grand-père puis son grand-père dirigeaient l’entreprise United Fruit, une entreprise américaine implantée au Costa Rica à la fin du XIXème siècle, apportant richesse économique mais aussi discorde et discrimination entre employés et population locale. Ainsi on trouve dans les toiles de Bates des détails de cette confrontation culturelle : une jonquille de Nouvelle-Angleterre au milieu de plantes tropicales ou des familles multiculturelles et mutuellement influencées l’une par l’autre. Une artiste marquée par son métissage : “Les feuilles de bananes me font pensées aux imprimés des tissus dans les maisons de location pour touristes en Amérique Centrale. Un croisement textile entre la culture WASP et la tradition sud-américaine. J’imagine un groupe d’Américains très chics de la côte Est portant des imprimés banane et buvant du gin-tonic en regardant le soleil se coucher ; un paradigme dans lequel je m’inclus, étant aujourd’hui plus touriste que Costaricaine sur les terres de mon enfance, le pays où ma mère est née.

P.M.


The 22 carats gold layers applied on their canvas are not what makes the paintings of the American Larissa Bates rich, but the concentration of influences and references they contain. They cross the ages: from Persian miniatures to the surrealist painting of Frida Kahlo, of which one of her paintings is inspired – “Two Ubumes as Twin Gestational Carriers After The Two Fridas” – through the illuminations of the Middle Ages or Bosschaert still lifes. The subjects of the Costa Rican originated artist remain nevertheless contemporary. Her great-grandfather then her grandfather ran United Fruit, a US company established in Costa Rica at the end of the nineteenth century, bringing economic wealth but also discord and discrimination between employees and local residents. Thus we find in Bates’ paintings details of this cultural confrontation: a daffodil form New England in the middle of tropical plants or multicultural families influenced one by the other. An artist marked by her interbreeding: “The banana leaves make me think of tropical textiles in tourist rentals in Central America. The WASP/Latina textile crossover. I imagine a bunch of WASP’s wearing banana shirts and dresses while drinking gin and tonics overlooking a sunset, a paradigm that I strangely fit into, now more gringa tourist than tica, in the land of my childhood and my mother’s birth country.

P.M.

Images : Monya Rowe Gallery

Guillermo del Toro le décrit comme un “maître du Rococo post-industriel”. Les incroyables sculptures de l’artiste américain Kris Kuksi, conçues en partie d’objets de récupération et de figurines de maquette, racontent autant d’histoires qu’il y a d’angles et de détails à observer. Elles nous plongent d’abord dans un univers morbide et rendraient fier tout pirate qui en ornerait la poupe de son navire. Il s’inspire autant de l’art gothique que de l’iconographie heavy metal – ayant passé sa jeunesse passée à reproduire les pochettes d’albums d’Iron Maiden qui, à l’époque, représentaient pour lui la plus haute forme d’art. Kuski qualifie son travail d’équilibre entre chaos et symétrie et on y trouve un caractère religieux (“Saint Michel Tuant le Serpent”) ; pour lui “l’homme est limité par son avidité et sa négligence. Alors qu’il en a conscience, il ne fait pas toujours le bon choix pour améliorer son sort.” Il déclare que “si l’homme pouvait faire face à ses pulsions sombres, il pourrait les surmonter.” Une quête de rédemption qu’il illustre dans ses sculptures qu’il fabrique dans son studio du Kansas… situé dans une vieille église du 19ème siècle.

P.M.


 

Guillermo del Toro describes him as a “post-industrial Rococo master”. The pieces of the American artist Kris Kuski, partly made of salvage and model kit parts, tell as many stories as there are angles and details to observe. They plunge us in a morbid universe and would make proud any pirate having it on the stern of his ship. He uses references from gothic art  iconography but also from heavy metal culture resulting from his youth spent reproducing the Iron Maiden album covers which, at the time, for him the highest form of art. Kuski describes his work balance between chaos and symmetry and there is also a religious reading to his work (Saint Michael Killing the Serpent); for him, “the man is limited by his greed and negligence. Even if he knows it, he is not always making the right choices to improve his fate.” He said that “if man could embrace his dark impulses, he could overcome them.” A quest for redemption illustrated in his sculptures built in his studio based in Kansas… in an old 19th century church.

P.M.