Née en Allemagne du Nord, Katharina Ziemke agrandi dans une famille qui aimait les lettres. Son père, éditeur, lui a donné le goût de la littérature et de la peinture classique russe dont elle réalise des copies encore enfant. Attirée par la philosophie qu’elle découvre en apprenant le latin, elle se rend à Paris et subit un choc culturel. Poussée par la famille qui l’héberge et les souvenirs de sa grand-mère artiste ; elle s’inscrit à l’école des Beaux Arts.
“Ma grand-mère était artiste. Elle était peintre et elle faisait cette technique à la cire que j’utilise aujourd’hui.”
“Je crois que j’ai été influencé par la luminosité de la cire.”
“Mon père a étudié le russe et nous avions beaucoup de livres sur la peinture russe. J’ai fait des copies de ces peintures. D’abord à l’aquarelle et après à l’huile.”
“C’était très étranger pour moi de voir des artistes contemporains. Mais c’était en même temps fascinant parce que je ne comprenais pas ce que c’était. Il y avait une sorte d’énigme assez fascinante.”
“Je me souviens d’oeuvres de Thomas Schütte que j’aime beaucoup maintenant. […] Je crois que ça a pu m’influencer même si je l’ai pas compris à l’époque.”
Au lycée, “Mon cours d’art n’était pas très intéressant. J’étais un peu déçue car je voulais m’exprimer mais il y avait toujours un sujet auquel il fallait répondre. Ça m’ennuyait.”
“J’ai pensé que je pouvais devenir professeur de latin.”
“Ils m’ont dit “Tu devrais faire les Beaux Arts.” Je crois que je n’aurais jamais fait cette démarche de moi-même.”
Born in northern Germany, Katharina Ziemke was raised by a family that loved literature. His father, as a publisher, gave her the taste for literature and Russian classical painting that she used to copy as a teenager. Attracted by philosophy that she discovered by learning Latin, she went to Paris had a cultural shock. Driven by the family that hosts her and the memories of her grandmother who was an artist; she enrolled in the National School of Fine Arts.
“My grandmother was an artist. She was a painter and she would the same wax technique I’m using myself today”
“I think I was influenced by the light of the wax.”
“My father studied Russian and we had a lot of books about Russian paintings. And I copied those paintings, first in watercolor then in oil.”
“It was very unfamiliar for me to see contemporary artists. But it was captivating at the same time because I did not really understand what it was. It was like a fascinating riddle.”
“I remember artworks from Thomas Schütte that I really like now. […] I think it inspired me even if I didn’t understand it at the time.”
In high school “art class was not interesting. I was disappointed because I wanted to express myself and there was always a framework and precise questions to answer to. It bored me “
“I thought I might teach Latin.”
“They told me “You should go to the National School of Fine Arts.” I think that without this advice I wouldn’t have thought about it myself.”
Reka One dans cette dernière partie nous explique qu’il est important de se tromper et d’expérimenter dans son art car, à son sens, c’est le seul moyen de progresser et de s’épanouir. C’est aussi un message qu’il adresse aux jeunes artistes parmi d’autres conseils. James Reka exprime enfin son désir d’aller vers d’autres supports toujours dans cette volonté de développement et d’évolution de son art.
“Je n’ai jamais pensé que si je pouvais remonter le temps, je ferais les choses différemment. Car toutes les erreurs que j’ai pu faire m’ont amené là où je suis aujourd’hui. J’aime faire des erreurs car c’est comme ça qu’on apprend la vie.”
“Si vous travaillez sur une oeuvre avec trop de confiance, comme si vous aviez une recette, sur le plan de l’évolution, vous ne progresserez pas en tant qu’artiste. Ça n’arrivera pas si vous ne prenez pas de risque et ne faites pas d’erreur.”
“Ce que je peux conseiller aux jeunes artistes et street artistes est de rester réalistes. Il faut se rendre comptes que ça prend des années d’atteindre ses objectifs. Il faut vraiment être déterminé, s’y coller et être persévérant. Vous y arriverez si c’est vraiment votre passion.”
“Quand je travaille en studio pour faire des oeuvres, j’explore des voies différentes que je ne pourrais pas pratiquer avec du street art. Dans une galerie je peux faire des expérimentations sur différents supports ou textures. Peut-être que je m’autorise plus à me trompe dans ce travail.”
In this last part, Reka One explains the importance of being wrong and of experimenting in his art because, in his view, it is the only way to expand and evolve. It is also a message he gives to the young generation of artists among other advices. James Reka finally expresses his desire to go to other media in his constant desire for development and evolution in his art.
“I never view that if I could turn back the clock I would approach things differently. Because through a lot of mistakes that I have made, it has directed me where I am now. I do enjoy making mistakes because this is how you learn in life”
“If you’re working on something that you are confident with, and you know that there some kind of formula, where talking about evolution here, and I don’t see artists evolving if they are not taking risks and making mistakes.”
“My advice to the next generation of artists and street artists is that they do have to be realistic and realise that it takes many many years to be able to reach your goals. To be determined and to stick in there, be persistent and you will reach your goals if you are truly passionate about it.”
“Working in a studio and making artwork, I got to explore different avenue that I would never be able to take my street work in. In a gallery I’m able to experiment a lot more with different mediums, textures.Maybe I’m allowing more room for error with my artwork”
“I do want to expand and I’m feeling the hitch to try out other things. I love photography and I also love to use my hands.”
Certains artistes nous apaisent en nous montrant que l’art n’est pas toujours à prendre au sérieux et Wayne White en fait partie. Originaire du Tennessee, ce peintre et sculpteur fait partie de cette génération inspirée par la contre culture. Diplômé des beaux arts de Nashville en peinture, il trouve son premier job en tant que muséographe au Musée de Cumberland grâce à une politique de subventions instaurée par Jimmy Carter.
“Je suis sorti de mon université avec tout ce snobisme à propos de l’art qui s’expose et qui se vend. Ça m’est très vite sorti de la tête quand je suis rentré dans le monde réel. J’étais un putain de diplômé en peinture à Nashville en 1980. Et il n’y avait rien. Vraiment rien. J’avais besoin d’un travail et il y avait ce programme subventionné au Musée avec une place disponible. Je dois mon premier job dans l’art à Jimmy Carter.”
Dans ce musée il s’occupe notamment des espaces de divertissement pour les enfants. Il construit des décors où il laisse libre cours à son imagination et prend goût pour la scénographie.
Plus tard il déménage à New York et découvre Raw, le magazine de BD culte créé par Françoise Mouly et Art Spiegelman.
“C’était comme une BD d’expressionnisme abstrait.”
Fan de Spiegelman, qui est aussi professeur, Wayne White squatte à dessein les couloirs de la New School of Visual Arts jusqu’à ce qu’il le croise. L’ensignant l’invitera chez lui alors qu’il est en train de réaliser Maus, le roman graphique qui lui vaudra le prix Pulitzer.
A cette même période, il fréquente le milieu des galeries alternatives dans le sud de manhattan qui présentent des concerts punk rock et des performances. White y présente des spectacles de marionnettes qu’il appelle les “Guerilla Puppet Shows” où les protagonistes à l’esthétique punk copulent et hurlent des obscénités. C’est là qu’il rencontre sa future femme, Mimi Pond, illustratrice et connue plus tard pour avoir écrit le premier épisode des Simpsons.
Au milieu des années 80 il retourne à Nashville où un ami travaillant pour une chaîne de télé locale l’invite à présenter ses talents de marionnettiste. Le jeune directeur qui le reçoit est alors séduit et lui confie l’entière conception d’une émission pour enfant : “Mrs. Cabobble’s Caboose.”
“J’adorais faire ça. J’adorais ça parce que ça rassemblait tout. Fabriquer des marionnettes et des décors c’était de la sculpture, de la peinture et de la narration. Je savais que c’était ce dont j’avais besoin plutôt que de me spécialiser dans le dessin. J’ai su que je voulais me développer là dedans. J’adorais ça. Mon instinct me disait que c’était l’occasion de devenir un scénographe, un marionnettiste.”
Un an plus tard, il apprend qu’une maison de production est sur le point de lancer une nouvelle émission pour enfants : “Pee Wee’s Playhouse”, spin off du film à gros succès “Pee Wee’s Big Adventure” réalisé par Tim Burton. Son portfolio lui vaut d’être embauché ; il repart à New York puis à Los Angeles qu’il ne quittera plus. Après quatre saisons, le programme s’arrête mais Wayne White a gagné 3 Emmy Awards pour son travail de scénographe. Il conçoit désormais des décors de pubs et de quelques clips dont “Tonight, Tonight” pour les Smashing Pumpkins qui remporte un MTV Music Video Award en 1995.
Wayne White n’oublie pas pour autant la peinture ; il peint dans son studio depuis qu’il est à Los Angeles.
“J’ai travaillé pendant 10 ans dans mon studio, presque secrètement. Je peignais en secret pendant que je faisais des émissions pour enfant et des pubs. J’étais intimidé par le monde de l’art. J’avais peur de montrer mon travail à qui que ce soit car je ne pensais pas qu’on me prendrait au sérieux, venant du monde des programmes pour enfants.”
C’est à la fin des années 90 qu’une galerie le repère et décide de lui faire confiance.
Les peintures de Wayne White sont faites sur de vieux tableaux de chambres d’hôtels ou de vides greniers. Ces toiles sont les décors, les illustrations des phrases hilarante qu’il peint.
“Je les appelle les plus courtes des histoires courtes au monde. Ce sont assurément des poèmes. Je les vois chacun à la fois comme forme et langage.”
Parfois illisibles, on découvre avec surprise les titres de ses oeuvres souvent subversifs ou scabreux et aux allures de slogans publicitaires. Sorte de haïku redneck, ses oeuvres sont la synthèse de ce qu’il est.
“Je n’ai jamais arrêté d’être sudiste. Je ne peux pas. C’est ce que je suis. Je voulais quelque part que mes oeuvres en soit le porte voix. Ça devait arriver. Il était naturel de mettre mon côté sudiste dans ce travail, arrêter de ne pas être fier de l’être. Ne pas s’en excuser ou être sur la défensive, simplement être authentique.”
P.M.
Some artists pacify us by showing us that art is not always taken seriously and Wayne White is one of them. A native of Tennessee, the painter and sculptor is part of this generation inspired by the counterculture. A graduated in Fine Arts in Nashville, he found his first job as exhibition designer at the Cumberland Museum thanks Jimmy Carter’s Comprehensive Employment and Training Act.
“I came out of school a painting major with all this snobbery about fine art and commercial art. I got that beat out of me quick the minute I got in the real world,” White says today. “I mean, I was a fucking painting major in Nashville, Tenn., in 1980. There was nothing. Nothing. I needed a job. They had the CETA program there at the museum and they had an opening. I owe Jimmy Carter my first art job.”
In this museum he deals with entertainment spaces for children. He built the sets letting his imagination running wild and took taste for scenography.
Later he moved to New York and discovers Raw, a cult comics anthology created by Françoise Mouly and Art Spiegelman.
“It was like an abstract expressionist comic book.”
Fan Spiegelman, who was also professor, Wayne White hung around in the hallways of the New School of Visual Arts until he saw him. The teacher invited him to his home while he was working on Maus, the graphic novel that won him the Pulitzer Prize.
At the same period, he roamed tiny alternative galleries in southern Manhattan presenting punk rock concerts and performances. W. White presented puppet shows he called “Guerilla Puppet Shows”, very much in the punk aesthetic, with puppets copulating and shouting streams of obscenities. There he met his future wife, Mimi Pond, illustrator and later known for writing the first episode of the Simpsons.
In the mid 80s he returned to Nashville where a friend working for a local TV station invited him to present his puppeteer skills. The young director who receives him is then seduced and hire him to design an entire kid program : “Mrs. Cabobble’s Caboose. “
“I loved doing it. I loved it because it brought everything together. Building puppets and sets was like sculpture, painting, storytelling. I knew that was what I needed to do instead of just specializing in drawings. I knew I wanted to expand like that. I instinctively knew this was my shot to become a professional set designer, a puppeteer.”
A year later, he learned that a production company was about to launch a new kiddie show : “Pee Wee’s Playhouse” spin off the successful movie “Pee Wee’s Big Adventure” directed by Tim Burton. Hired thanks to his portfolio , he returned to New York and then to Los Angeles that he never left. After four seasons, the program stops but Wayne White has won three Emmy Awards for his work in set design. He now works creating backdrops for commercials and some clips including “Tonight, Tonight” for the Smashing Pumpkins that won an MTV Music Video Award 1995.
But Wayne White would not forget his love for painting; he would paint in his studio since his arrival in Los Angeles.
“I worked almost 10 years in the studio, just in secret practically, I painted on the side in secret while I was doing kid shows and commercials and stuff in L.A. I was intimidated by the art world. I was afraid to show anybody my stuff because I felt like I wouldn’t be taken seriously because I was from the world of kiddie television.”
It is in the late 90s that a gallery spots him and decided to trust him.
Wayne White’s paintings are made on old pictures taken from hotel rooms or found in backyard sales. These paintings are the sets, the illustrations of the hilarious sentences he paints.
“I call them the world’s shortest short stories. They’re definitely poems. I see each one as both form and language.”
Sometimes illegible, we discover with surprise the titles of his works often subversive or scabrous and looking like advertising taglines. Sort of redneck’s haïkus, his work is the synthesis of what he is.
“I never stopped being a Southerner. I couldn’t. That’s who I was. I wanted that voice in my work somehow. It’s something that had to happen. It’s all natural getting my Southerness out there, bith the tempered knowledge of not being so proud about it — not being an apologist or even defensive about it, but just being natural about it.”
James Reka explique l’origine de son style qu’il a développé pendant plus de 15 ans notamment grâce à ses influences classiques. Connu pour son Street art mais venant du graffiti, il nous donne son avis sur ces deux mouvements entre lesquels il peut y avoir des frictions.
“Mon outil de prédilection est la bombe aérosol. J’ai développé mon style avec la manière dont j’aime utiliser la peinture en spray.”
“Ce n’est pas arrivé en une nuit. J’ai commencé comme tout débutant en m’inspirant du travail d’autres artistes. Puis ensuite on le fait à sa manière.”
“Néanmoins mon inspiration ne vient pas toujours du travail des autres. Elle provient aussi de mon quotidien. Je peux marcher dans la rue et voir une belle texture sur un mur et m’en inspirer. J’ai toujours un appareil photo sur moi et je prends beaucoup de clichés”
“Ce qui m’attirait c’était la rue, son côté brut et l’énergie qui s’en dégageait.”
“Le street artistes doivent s’exprimer selon les règles du graffiti. Il y a beaucoup des règles non dites aussi. C’est étrangement très structuré même si c’est une forme d’expression très libre.”
“J’ai beaucoup de chance de pouvoir dire que je suis un artiste et de pouvoir vivre de mon art.”
James Reka explains the origins of his style that he developed for over 15 years particularly thanks to its classical influences. Known for his Street art but coming from the graffiti world, he gives us his opinion on these two movements between which there can be friction.
“My favourite tool is the spray can. I’ve developed my style around the way I like to use spray paint.”
“It didn’t happen overnight, I started somewhere. Often when you begin, you take a lot of inspiration from other artists and you make you’re making it to your own.”
“However some of the inspiration I get is not looking at other people’s artwork. It’s my day to day life. I walk down the street and see a beautiful texture on a wall and I get inspiration from that. I always take my camera everywhere and I take photos of everything.”
“What attracted me was the streets, the rawness and the energy.”
“Street artists need to play by graffiti rules. There are a lot of unspoken rules as well. And there’s a lot of structure even though there is such a free expression.”
“I’m very lucky to be able to say that I’m an artist and I can survive of my artwork.”
James Reka ou RekaOne, est un street artiste australien. Issu d’une famille de créatifs, il est très vite attiré par le graffiti qu’il découvre en prenant le train chaque jour pour se rendre à l’école. Il explique la naissance de sa passion, notamment animée par son goût du risque, et son évolution vers la quête d’un style unique.
“J’ai grandi près d’une voie ferrée. Je prenais le train tous les jours pour aller à l’école et sur les voies je voyais passer toutes ces couleurs en mouvement.”
“J’aimais l’idée que ces types sortaient la nuit pour faire des oeuvres illégalement. Ils risquaient tout pour leur passion, pour être créatifs.”
“Même si j’avais un très bon professeur d’art, les autres enseignants me faisaient comprendre qu’il était difficile de vivre de son art.”
“Quand j’ai débuté le street art, je n’avais pas l’intention d’exposer dans des galeries. Je faisais tout gratuitement, dans la rue, par passion, par goût du risque. Je fuyais la police…”
“Le monde du graffiti m’a appris qu’il était important de développer son propre style. Que c’était plus important que le contenu.”
James Reka a.k.a. RekaOne, is an Australian street artist. Coming from a creative family, he’s quickly attracted by graffiti that he discovered by taking the train each day to get to school. He explains the birth of his passion, especially driven by his taste for risk, and its evolution to the quest for a unique style.
“I grew up near a train line. It was my first exposure to graffiti. I would catch the train everyday to go to school and on the train lines I would see all those colours and movement.”
“I liked the idea that these guys were going out at night doing illegal work basically. They were risking everything for their passion, to be creative.”
“Even though I had a very good art teacher, the other teachers tried to make me realise that it wasn’t that it is very difficult to make money out of your art.”
“Originally when I started, I had no intentions of being a gallery artist. I was doing everything for free, on the streets, for the passion, for the risk. Running from the police…”
“One of the elements that I’ve learnt from the graffiti world is that it is important to pursue style as the most important think over content.”