L’art est souvent un combat, parfois avec soi même. Laurie Dasnois s’est retrouvée 47 jours dans le coma après un grave accident de la circulation et s’est réveillée hémiplégique droite. Les deux séries de 47 dessins qu’elle effectue deviennent une performance, une lutte pour se ré-approprier son outil, sa main droite. La première, Coma, représente des variations de palmiers parfois faits de mots : Frustration, Peur, Panique, Stress. Cette série dénonce l’ennui de l’individu dans la société et son “angoisse de passer à côté de sa vie. Alors il la rêve et s’imagine sous son palmier pour échapper à son quotidien.” La seconde série, Le Carnaval des morts-vivants, montre les visages des proches de l’artiste qui lui ont rendue visite pendant ces 47 jours. Ils portent chacun les expressions qu’elle pouvait avoir dans son sommeil.

P.M.


Art is often a struggle, sometimes with oneself. Laurie Dasnois found herself 47 days in a coma after a serious traffic accident and woke up right hemiplegic. The two series of the 47 drawings that she carries became a performance, a struggle and a reappropriation of her tool, her right hand. The first, Coma, represents variations of palm trees sometimes made of words: Frustration, Fear, Panic, Stress. This series denounces the boredom of the individual in society and his “anxiety of missing out on life. Then he dreams it and imagines it under his palm tree to escape everyday life.” The second series, The Carnival of the Living Deads, shows the faces of the artist relatives who visited her during those 47 days. Each bears the expressions she could have in her sleep.

P.M.

Il le déclare lui même : “Je ne pense pas qu’il y ait une seule manière de voir mon travail qui soit bonne.” L’artiste britannique Keith Tyson n’a cessé de repousser ses limites depuis qu’il a gagné le prix Turner en 2002. Et en effet il a multiplié les formes d’expressions, de la sculpture à la peinture en passant par des installations générées par des programmes informatiques. Il teste les frontières de l’art qu’il compare à une partie d’échec : “dès que vous prenez une position, vous envisager la suivante, mais celle-ci dépend de possibilités quasi infinies entre les deux joueurs.” Ses oeuvres sont comme une matrice réparties en séries et en systèmes ; elles abordent les sciences, la philosophie et même la science-fiction. Dans ses récentes peintures, il travaille sur d’anciennes toiles récupérées dans des vide-greniers. Après les avoir restaurées, il en enduit une partie de la surface avec du gesso et peint par dessus. Il donne ainsi un caractère quantique à ces toiles qui deviennent pluridimensionnelles. “J’aime l’idée que deux artistes qui ne se sont jamais rencontrés et qui sont séparés de plus d’un siècle créent une sorte d’interférence sur la toile, que les deux styles de peinture deviennent lié comme les vagues de l’océan sont connectées les unes aux autres dans un continuum à travers les âges.”

P.M.


He declares himself : “I don’t think there’s a specific way of viewing my work that is correct.” The British artist Keith Tyson has been stretching his boundaries since he won the Turner Prize in 2002. And indeed hes has multiplied his forms of expression, from sculpture to painting through the installations generated by computer programs. He tests the boundaries of art that he compares to a game of chess : “as soon as you have one position you are on to the next, but it is about the near infinite possibilities between the two players.” His works are as a matrix, divided into series and systems ; they address science, philosophy and even science fiction. In his recent series, he works on ancient paintings he finds in second hand shops. After repairing it he scraps over its surface with gesso and paints over it. Thus he gives a quantum character to these paintings that become multidimensional. “I like the idea that two artists who had never met and were separated by over a century had created a kind of interference pattern on the canvas;  that the two styles of painting had become linked just as all the ocean waves are connected to each other in a continuum throughout the ages “

P.M.

Les artistes sont les interprètes de la réalité qui les entoure. Une réalité qui évolue à plus ou moins grande vitesse. La chinoise Yu Hong, qui peint depuis les années 80, est un des grands témoins des changements de son pays. Depuis l’évolution de la condition de la femme qui se libère du schéma familial traditionnel jusqu’à la pression exercée sur la jeunesse qui court pour rattraper un train économique sans frein. Également professeur d’art, elle prend le pouls de générations successives tantôt mélancoliques, tantôt tiraillées par une société qui doit parfois faire le grand écart entre tradition et modernité. Dans ses dernières peintures, il est beaucoup question de temps et d’évasion. “La Chine a besoin de ralentir, de prendre soin de tout le monde et de porter intérêt aux changements dans la vie des gens dans cette société qui se développe très vite. L’environnement change tellement vite que nous ne faisons plus attention à la vie. Nous devrions ralentir et prendre conscience de ce qui se passe réellement.”

P.M.


Artists are interpreters of the reality that surrounds them. A reality that is changing more or less fast. Chinese Yu Hong, who has been painting since the 80’s, is one of the great witnesses of the changes in her country. From the changes of the women conditions that are released from the traditional family pattern to the pressure on young people running to catch an economic train without brakes. Also art teacher, she takes the pulse of successive generations sometimes melancholy, sometimes torn by a society that must sometimes do the split between tradition and modernity. In her later paintings, there are matters about time and escape. “China needs to slow down, to take care of everyone and show concern for the changes in people’s lives in this fast-developping society. Because the situation changes so fast, we don’t even pay attention to life. We should slow down and be aware of what is actually happening.”

P.M.