Les médias de masse et la pop culture influencent et inspirent les artistes depuis des décennies. L’artiste berlinois Johannes Kahrs peint sur ses toiles des photos ou des arrêts sur images de personnes exsangues, à la peau et aux traits fatigués. On y voit de l’ennui, de la tristesse, du vide ou de l’absence aussi bien dans les yeux des sujets que dans les environnements qu’il peut reproduire. Nous renvoie-t-il à la solitude représentée ou à la nôtre lorsque l’on regarde un écran ? Le peintre lui-même semble plus attaché aux pixels plus qu’à la chair : “Je n’ai pas de modèles dans mon studio, j’ai essayé plusieurs fois mais ça n’a pas fonctionné – je trouve leur présence perturbante.

P.M.


Mass media and pop culture have influenced and inspired artists for decades. The Berliner artist Johannes Kahrs paints bloodless people, tired skins and features from photos or stills. It shows boredom, sadness, emptiness or absence both in the eyes of the subjects or in environments he reproduces. Does he turn us to the loneliness represented or to our own when we are looking at a screen? The painter himself seems more attached to pixels than flesh : “I don’t have models in my studio, I tried it a couple of times but it didn’t work – I found their presence unsetting.

P.M.

Dans cette deuxième partie Eric Pillot nous décrit la façon dont il a quitté la voie royale qu’il avait conquise à travers ses brillantes études.


In this second part Eric Pillot describes how he left the golden path he had conquered through his brilliant studies.

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Passionné d’histoire, d’archives et par l’underground urbain, l’artiste estonien Jaanus Samma multiplie les supports. Sélectionné pour représenter son pays à la 56ème Biennale de Venise, il a exposé photos, vidéos et documents inspiré par un directeur de kolkhoz soviétique déchu de son statut parce qu’il avait des pratiques homosexuelles. Formé à la gravure traditionnelle, il reprend dans sa série “Sweaters” des graffitis à connotations sexuelles qu’il a pu apercevoir à travers ses voyages en Europe pour les inscrire sur des pulls tricotés à la main. “J’ai voulu appliquer ces textes et images souvent offensants sur un support chaud et intime. Et finalement, lorsque le pull est porté, une chose qui était dessinée de façon anonyme devient soudain très individuelle.

P.M.


Having a passion for history, archives and the urban underground the Estonian artist Jaanus Samma multiplies the mediums he works with. Selected to represent his country at the 56th Venice Biennale, he exhibited photos, videos and documents about the life of a Soviet kolkhoz chairman stripped of his status because he had homosexual practices. Trained in printmaking, in his series “Sweaters”, he goes back over graffiti with gay and sexual connotation he saw through his travels in Europe and inscribes it on handknitted sweaters. “I wanted to apply those often offensive texts and images to a medium that is warm and intimate. And finally, when the sweaters are worn, something that was drawn anonymously now becomes very personal.

P.M.

Winter is coming mais Agata Oleksiak, dit Olek, n’a que faire des saisons. Que ce soit en plein hiver à New York ou sous la chaleur d’Hawaii pendant le festival Pow Wow, l’artiste polonaise n’arrête pas le tricot. Olek, qui vit à Brooklyn, est un ogre dont les pelotes dévorent tout sur leur passage. Particulièrement remarquée en 2010 lorsqu’elle a recouvert le fameux taureau de Wall Street sculpté par Arturo Di Modica, elle s’attache à mettre en lumière des objets ou des mobiliers du quotidien mais aussi des sculptures et des monuments historiques qui sont parfois tombés dans l’oubli, auxquels on ne fait plus attention. Elle crée ainsi un dialogue avec ces symboles ; une curiosité qui permet de rappeler la raison de leur présence. “Je pense que le crochet, et la façon dont je le crée, est une métaphore de la complexité et de l’interdépendance de notre corps et de ses systèmes et de sa psychologie. Les connexions sont plus fortes quand elle sont tissées plutôt que sous forme de liens séparés, mais, si vous coupez un fil, le tout tombera en morceaux.

P.M.


Winter is coming, but Agata Oleksiak aka Olek, has nothing to do with the seasons. Whether in winter in New York or in the heat of Hawaii during the Pow Wow festival, the Polish artist does not stop knitting. Olek, who lives in Brooklyn, is an ogre whose yarns devour everything in their path. Particularly noticed in 2010 when she covered the famous bull of Wall Street carved by Arturo Di Modica, she aims to highlight objects or furniture from everyday life but also sculptures and historical monuments that sometimes fell into oblivion, and that we do not see anymore. She creates a dialogue with these symbols; a curiosity that can recall the reason for their presence. I think crochet, the way I create it, is a metaphor for the complexity and interconnectedness of our body and its systems and psychology. The connections are stronger as one fabric as opposed to separate strands, but, if you cut one, the whole thing will fall apart.

P.M.