Il est rare d’avoir deux passions et de pouvoir les suivre. L’américain Corey Arnold a réussi à concilier la pêche, qu’il exerce depuis son enfance et dont il a fait son métier, et la photographie un art qu’il pratique quotidiennement. Inspiré par le travail de Peter Beard, Sally Mann ou Joel Sternfeld il s’intéresse aux perceptions et aux rapports que l’homme a avec la Nature. L’artiste qui a notamment passé quatre ans en Norvège et sept ans en Alaska à pêcher dans la mer de Bering a rapporté des clichés des zones de pêche parmi les plus rudes et les plus reculées au monde. Une forme de cure du corps et de l’esprit pour lui : ”C’est tellement agréable de sortir et faire quelque chose de physique, cela rajuste complètement votre esprit. La pêche est parfaite pour ça ; je rentre chez moi fort et revigoré.”
P.M.
It is rare to have two passions and to follow them. The AmericanCorey Arnoldmanaged to reconcile fishing and photography. He’s indeed a fisherman, being introduced to fishing by his dad during his childhood, and a photographer exhibiting in fine art galleries. Inspired by the work of Peter Beard, Sally Mann and Joel Sternfeld he is interested in perceptions and relationships between man and nature. The artist who notably spent 4 years in Norway and 7 years in Alaska trawling in the Bering Sea took back shots of fishing grounds among the harshest and most remote in the world. A kind of cure to him, “It’s so nice to go out and do something physical, it completely readjusts your mind. Fishing is perfect for that, I come home strong and refreshed.“
Avec ses silhouettes fantomatiques noyées, comme diluées au milieu de décors grandiloquents, les portraits de groupe de l’artiste irlandaise Genieve Figgis transforment les modèles en ombres, des taches noires figurant leurs orbites vides, leurs corps légèrement tordus jusqu’à en devenir grotesques. Dans son studio à County Wicklow, pas très loin de Dublin, elle imagine des scènes inquiétantes, se déroulant dans des demeures isolées où des messieurs posent sur leurs destriers et les femmes dans leurs boudoirs. Richard Prince a commencé il y a deux ans à la suivre sur Twitter ce qui a déclenché pour elle la publication de son premier livre “Making Love With the Devil” chez Fulton Ryder et une exposition à la Half Gallery à New York.
Très ironique, son travail revisite les peintures de Gainsborough, Fragonard, joue sur les codes des peintres de cour qui la fascinent comme Velázquez, Goya et Holbein. Derrière tout ça, la mort rôde évidemment, comme elle le dit elle –même : « la mort est à l’arrière-plan de tout, non ? » Ces ombres-là fascinent, sorte de cauchemars moites, de mauvais rêves flamboyants mais déjà disparus, de souvenirs flous qui ne laissent derrière eux qu’un sentiment d’absurdité. Genieve Figgis appuie aussi sur la dimension humoristique de ses tableaux : « Quand nous sommes enfants, nous sommes endoctrinés avec une Histoire faite de faits et de dates. Je tente de ramener cela à la vie avec plus de réalité et de l’humour. En tant qu’Irlandais, vous vous devez d’avoir un vrai sens de l’humour. Certains pensent que mon travail est sombre, certains pensent qu’il est fou, certains pensent juste qu’il est hilarant. »
D.V.
With ghostly figures drowned as diluted amid grandiose sceneries, the group portraits of Irish artist Genieve Figgistransformed the models into shadows, black spots as their empty eye sockets, their slightly twisted body becoming grotesque. In her studio in County Wicklow, not far from Dublin, she imagines disturbing scenes, occurring in isolated houses where the men stand on their steeds and women in their boudoirs. Richard Prince began two years ago to follow her on Twitter what led to the publication of her first book “Making Love With the Devil” at Fulton Ryder and to an exhibition at the Half Gallery in New York.
Very ironic, her work revisits the paintings of Gainsborough, Fragonard, plays on the codes of court painters who fascinate her, as Velázquez, Goya and Holbein. Behind all this, death lurks course, as she says « Well, death is in the background of everything, isn’t it? » These are fascinating shadows, sort of sweaty nightmares, flamboyant bad dreams or already missing, fuzzy memories that leave behind a feeling of absurdity. Genieve Figgis also relies on the humorous dimension of his paintings: “When we’re little we’re brainwashed with history that’s just facts and dates. I try to imagine it back to life with more reality and a sense of humor. Being Irish, you have to have a wicked sense of humor. Some think my work is dark, some think it’s crazy, some just think it’s hilarious.”
Entre néo-impressionnisme et surréalisme pop, les peintures de l’Espagnol Paco Pomet se basent sur de vieilles photographies. L’artiste explore des époques de flâneries absolues, de conquêtes technologiques, d’explorations de terres perdues ou de révolutions industrielles. Souvent dans ses toiles, l’homme devient la proie de ses expérimentations, le sujet principal de la photo d’origine devient secondaire, le scientifique est façonné par sa création et la Nature prend la place de l’homme sous les traits d’animaux en costumes ou même de palmiers conduisant une décapotable. “Je tente de déstabiliser et de modifier l’ordre des éléments qui configurent la structure de la scène dans chaque peinture, afin que l’image résultante propose un nouvel ordre visuel.” Des situations déroutantes, à contre-pied qui ont particulièrement séduit Banksy qui a sélectionné des oeuvres de l’artiste pour son parc Dismaland.
P.M.
Between neo-impressionism and pop surrealism, the paintings of the Spanish Paco Pomet are based on old photographs. The artist explores times of absolute idleness, technological conquest, exploration of lost land or industrial revolutions. Often in his paintings, man becomes the prey of his experiments, the main subject of the original photo becomes secondary, scientific is shaped by its creation and Nature takes the place of humans in as animal in costumes or even as palm trees driving a convertible. “I try to destabilize and alter the order of the elements that configure the structure of the scene in each painting, so the resulting image proposes a new visual order.” The confusing or off balanced situations have been particularly noticed by Banksy who selected the artist’s works for his Dismaland park.