James Reka ou RekaOne, est un street artiste australien. Issu d’une famille de créatifs, il est très vite attiré par le graffiti qu’il découvre en prenant le train chaque jour pour se rendre à l’école. Il explique la naissance de sa passion, notamment animée par son goût du risque, et son évolution vers la quête d’un style unique.

“J’ai grandi près d’une voie ferrée. Je prenais le train tous les jours pour aller à l’école et sur les voies je voyais passer toutes ces couleurs en mouvement.”

“J’aimais l’idée que ces types sortaient la nuit pour faire des oeuvres illégalement. Ils risquaient tout pour leur passion, pour être créatifs.”

“Même si j’avais un très bon professeur d’art, les autres enseignants me faisaient comprendre qu’il était difficile de vivre de son art.”

“Quand j’ai débuté le street art, je n’avais pas l’intention d’exposer dans des galeries. Je faisais tout gratuitement, dans la rue, par passion, par goût du risque. Je fuyais la police…”

“Le monde du graffiti m’a appris qu’il était important de développer son propre style. Que c’était plus important que le contenu.”


James Reka a.k.a. RekaOne, is an Australian street artist. Coming from a creative family, he’s quickly attracted by graffiti that he discovered by taking the train each day to get to school. He explains the birth of his passion, especially driven by his taste for risk, and its evolution to the quest for a unique style.

“I grew up near a train line. It was my first exposure to graffiti. I would catch the train everyday to go to school and on the train lines I would see all those colours and movement.”

“I liked the idea that these guys were going out at night doing illegal work basically. They were risking everything for their passion, to be creative.”

“Even though I had a very good art teacher, the other teachers tried to make me realise that it wasn’t that it is very difficult to make money out of your art.”

“Originally when I started, I had no intentions of being a gallery artist. I was doing everything for free, on the streets, for the passion, for the risk. Running from the police…”

“One of the elements that I’ve learnt from the graffiti world is that it is important to pursue style as the most important think over content.”

Philippe Baudelocque est un artiste français né en 1974 dans une famille de musiciens ouverte à la culture avec un père artiste animalier. Jeune adolecsent au moment où le hip-hop et le graffiti explosent en France, il fait ses premiers pas artistiques en taguant son pseudo, Fusion, lors de ses explorations urbaines. C’est en allant à New York où il rencontres les pionniers du street art qu’il réalise que cette culture n’est pas en phase avec sa philosophie. Il conserve la passion des dessins sur grande surface, des lettrages et de l’énergie de cette discipline pour se l’approprier et l’interpréter à sa façon.

C’est en 2009 qu’il tombe face à un mur noir, rue du pont aux choux, et qu’il décide de faire son premier dessin à la craie. L’animal cosmique qu’il réalise est alors photographié et fait le tour de la blogosphère, il a trouvé son style. Si les animaux sont très représentatif de son travail, c’est à la nature au sens large qu’il s’intéresse. La nature est pour lui notre univers, le cosmos et toutes les interactions qui en résultent.

“Quand le graffiti est arrivé, ce qui m’a beaucoup intéressé c’est l’énergie. C’était tellement différent de tout ce que je voyais.”

“Je participe à cette forme d’art mais à ma manière. C’est à dire que ce n’est pas spécialement le coté vandalisme de la chose qui m’intéressait. Je retenais juste l’expérimentation des lettres et des formes dans des endroits désaffectés.”

A propos de ses premiers dessins à la craie :
“Je n’étais pas du tout dans le sens à penser à tout. Pas du tout. C’est vraiment le prix. Avec un paquet de 10 ou 12 craie on peut faire un grand mur comme ça. J’étais pragmatique, c’était vraiment ça.”

“C’est là que j’ai pris conscience que je me sentais bien en faisant ça. Je ne marche sur aucun pied. Je suis chez moi. Je suis chez moi, tranquille, je parle de choses qui m’intéressent profondément et qui me touchent.”

“Je doute encore, de tout. Mais fondamentalement j’ai l’information. Quand je me connecte vraiment avec mon coeur, avec moi tout entier. C’est cet état où tout est calme, tout est limpide, où il n’y a strictement aucune pensée.”

P.M.


Philippe Baudelocque is a French artist born in 1974 into a family of musicians open to culture with a naturalist father. Young adolecsent when hip-hop and graffiti shot up in France, he made his first artistic steps by tagging his nickname, Fusion, during his urban explorations. When he went to New York, he encountered the pioneers of street art and realized that this culture was not in line with his philosophy. He retained the passion of drawing on large area, lettering and of the energy of this discipline and interpreted it in his own way.

It was in 2009 that he came across a black wall, rue du Pont aux Choux, and decided to make his first drawing with chalk. The cosmic animal he realized is then photographed and went around the blogosphere, he then found his style. If animals are very representative of his work, he is interested in nature in its wide sense. Nature is for him our universe, the cosmos and all the interactions that result from it.

“When I discovered graffiti what I really enjoyed was the energy. It was so different than what I was used to.”

“I get involved in the graffiti movement. But in my own way. Because I was not interested in the vandalism aspect of it. I was more into experimenting letters and shapes, in closed down places.”

About his first drawings with chalk:
“At that time I wasn’t thinking up everything. Not at all. It was really a matter of price.With a pack of 10 or 12 chalks, I could draw on such a big wall. The idea was as simple as that, pragmatic.”

“This is when I’ve been aware of how good I was feeling doing this. I wasn’t stepping on anyone foot. I feel at home. I’m in my house, quiet. I’m on something deeply interesting that moves me.”

“I still have doubts, on everything… But fundamentally, deep inside me I have the information. When I’m connected with my heart, my inner self. It is a state when everything is quiet and crystal clear. When you don’t think of anything.”

P.M.

Winter is coming mais Agata Oleksiak, dit Olek, n’a que faire des saisons. Que ce soit en plein hiver à New York ou sous la chaleur d’Hawaii pendant le festival Pow Wow, l’artiste polonaise n’arrête pas le tricot. Olek, qui vit à Brooklyn, est un ogre dont les pelotes dévorent tout sur leur passage. Particulièrement remarquée en 2010 lorsqu’elle a recouvert le fameux taureau de Wall Street sculpté par Arturo Di Modica, elle s’attache à mettre en lumière des objets ou des mobiliers du quotidien mais aussi des sculptures et des monuments historiques qui sont parfois tombés dans l’oubli, auxquels on ne fait plus attention. Elle crée ainsi un dialogue avec ces symboles ; une curiosité qui permet de rappeler la raison de leur présence. “Je pense que le crochet, et la façon dont je le crée, est une métaphore de la complexité et de l’interdépendance de notre corps et de ses systèmes et de sa psychologie. Les connexions sont plus fortes quand elle sont tissées plutôt que sous forme de liens séparés, mais, si vous coupez un fil, le tout tombera en morceaux.

P.M.


Winter is coming, but Agata Oleksiak aka Olek, has nothing to do with the seasons. Whether in winter in New York or in the heat of Hawaii during the Pow Wow festival, the Polish artist does not stop knitting. Olek, who lives in Brooklyn, is an ogre whose yarns devour everything in their path. Particularly noticed in 2010 when she covered the famous bull of Wall Street carved by Arturo Di Modica, she aims to highlight objects or furniture from everyday life but also sculptures and historical monuments that sometimes fell into oblivion, and that we do not see anymore. She creates a dialogue with these symbols; a curiosity that can recall the reason for their presence. I think crochet, the way I create it, is a metaphor for the complexity and interconnectedness of our body and its systems and psychology. The connections are stronger as one fabric as opposed to separate strands, but, if you cut one, the whole thing will fall apart.

P.M.